Tout reste à faire

Visiblement les chemins non balisés manquent cruellement de feux de signalisation. Peut être qu’au final j’aime bien me perdre, ou peut être que ça m’arrange d’avancer vers nulle part. Du moment que j’y vais à mon rythme et en musique.

Toujours est-il que ce soir je reviens vers l’écriture publique, sans toutefois délaisser les impudiques carnets qui ne sont lus que par les miettes au fond de mes sacs.

Dans la vraie vie je parle beaucoup, très souvent pour exprimer le contraire de ce que je pense ou du moins de ce que je ressens. C’est l’avantage du sarcasme à haute dose personne ne sait jamais ce que vous pensez vraiment. A force de dire des conneries plus personne ne sait quand vous êtes sérieux. C’est vraiment très pratique. On peut faire plier de rire des tablées entières en abordant des pensées suicidaires ou parler d’amour en faisant passer ça pour de l’indifférence blasée… On peut même s’y laisser prendre et s’y perdre un peu. Effacer le balisage et attirer tout le monde y compris soi-même dans des impasses.

Mais je vais essayer de pas trop faire ça.

J’ai la vraie vie pour ça.

Je vais essayer de parler de trucs qui ne sont pas uniquement dans ma tête. Ceux qui sont dans mes oreilles (plutôt la musique que la cire, encore qu’on est pas à l’abri…), ceux qui me passent par le gosier (Linda Lovelace si tu m’entends…), ceux qui passent sous mes pieds (GR ou randos en roue libre plus que les corps vaincus des ennemis terrassés), et ceux qui passent sur ma rétine (pas tout, évidemment, ces yeux savent parfois aussi se taire, même s’ils ont souvent du mal à mentir).

Voilà, c’est l’idée. L’une des idées. L’une des 3000 idées à la minute en ce moment. (Pas toutes bonnes, on va pas se le cacher).

Et puis je crois aussi que je vais essayer d’être sincère. Ce qui était jusque là réservé à quelques Happy few.

Je m’appelle Caro, j’ai l’âge de mes articulations divisé par celui de mes aspirations, j’aime la vie mais de moins en moins la manière dont elle se vit, et je crois que je vais définitivement arrêter l’essai du logiciel « Vie d’adulte » qu’on essaie de me forcer à installer depuis trop longtemps.

Une réponse à “Tout reste à faire”

  1. Devenir miette au fond d ‘un sac, ou gravier agrippé aux dents caoutchouteuses d’une semelle, pourquoi pas… Surtout si la promesse vise à se dévoiler sans de prétendues postures sarcastiques.
    (Si elle sont réellement réelles).
    J’attends la suite, sans impatience, et avec une circonspection goguenarde : que va t il advenir ici, dans cet espace intimement impudique ? Un jeu de contradictions funambulaires ?

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