Drôle de période. Période drôle aussi. Suffisamment de red flags autour de moi pour décorer une féria du sud ouest. Et pourtant je ris. Et les red flags je m’en fais des écharpes vu qu’à ce stade de platitude les soutifs me sont devenus inutiles…
On est tous le red flag de quelqu’un me direz-vous, surtout moi peut-être d’ailleurs. Mais bon c’est joli le rouge, je l’assume. Ça fait rappel avec mon teint agricole.
Et passé un certain âge comme le disait un philosophe quebeco-aindinois on est tous des planches pourries de toutes façons. (Nous revoilà insidieusement sur la thématique soutif je crois). Après, reste à voir ce que chacun fait de son petit monticule d’échecs, blessures, névroses, amours (mal) passés, jolies nostalgies, grosses passions, regrets moisis, histoires inachevées, cicatrices ou grandes aspirations… (ajoutez ici vos propres casseroles et utopies).
On a beau se dire qu’on a tout compris et qu’on abimera pas les autres on va toujours trouver le moyen de merder au moins un peu. Par réaction, par orgueil, par pudeur, par insécurité, par évitement, par sabotage, parce qu’on a peur de dire les choses, pour le sport ou juste parce qu’on se dit que de toutes façons l’autre en face à qu’à faire un peu attention à lui/elle/iel… Et aussi car c’est le jeu. Ma pauvre pauvre Lucette.
Alors voilà… ces derniers mois, ces dernières années en pointillés, j’ai découvert que j’avais pas trop une âme de célibattante, ici on serait plus sur un vrai spécimen de celibalek.
Je ne sais d’ailleurs absolument pas ce que je veux car si on envisage d’être deux on peut pas décider ça tout seul dans son coin… deux ça reste mathématiquement 1+1… avec la complexité de chaque unité. On peut meme pas décider entre soi et soi et hors contexte comment on serait à deux, ni si deux ça suffit ou si c’est déjà trop… tout ça c’est des variables qui possèdent elles memes leurs variantes et variations… et qu’il faut encore confronter aux données apportées par l’autre… quand bien même iel accepterait d’en parler … et ça reste des concepts très subjectifs et abstraits… des cahiers des charges qui ne contiennent que du vent… et en appellent au moins autant.
Alors pourquoi pas se laisser porter un peu… utiliser ses zygomatiques en gouvernail et faire taire un peu tout le reste.
Rire sans toutefois se rire des autres.
En ce qui me concerne je crois que ce je ne veux surtout pas/plus c’est abimer les gens, même a l’insu de mon plein gré, car inévitablement on s’abîme toujours un peu au passage … et non seulement on est déjà assez amochés comme ça à nos âges, mais je ne crois pas que karmiquement ce soit super bon d’abîmer les gens. (On va pas commencer la liste de tout ce qui est pas super bon parce que chacun a ses propres limites et ça prendrait des grosses plombes et ça va encore chipoter dans tous les coins)
Mon seul principe a ce stade c’est d’essayer de rester droite dans mes bottes vis à vis de l’Autre. Puis quand je serai grande j’apprendrai peut être à faire ça vis à vis de moi-même. Inch bouddah. Même si on sait bien que pour ça on est pas rendus.
Du coup je regarde ébahie autour de moi, ce drole de monde que celui marché du réemploi sentimental des 40 et plus, encore un pour lequel j’ai ni les codes ni les attributs (bordel ou ai-je mis mes oreilles de chat et mes photos en maillot de bain? Mon aigreur et ma carapace? Mes seins?!) Où les failles des uns et des autres sont parfois si béantes qu’au lieu de colmater on a plus vite fait de pratiquer une euthanasie à la truelle, où les « épicurieux » sont légion (Ouais Jean-Michel, c’est trop coooool que tu aimes boire, manger et baiser), où la solitude est une ennemie et pas une alliée, où certaines meufs cherchent encore le prince charmant, où les ex sont tous des tordu(e), où des gens en armure et en mousse se côtoient… Ou il faut faire attention aux failles et aux aspérités portés en étendards…

Et moi là au milieu avec mon sarcasme nihiliste et ma naiveté optimiste, comme dans un vieux cirque de province a regarder les clowns, les dompteurs et les bêtes sauvages (également disponible en deux noms distincts), à me marrer des pitreries, a me pâmer (vite fait) devant l’audace des acrobates et funambules et à essayer de cramer la triche et les tricks derrière les tours de magie. Et souvent à attendre l’entracte pour me barrer en scred et ne plus revenir.
Et puis of course, les numéros qui foirent, le bêtisier… Oui c’est drôle, parfois touchant, parfois grotesque, au final souvent hilarant…
Et comme dirait un autre philosophe berbero -villeurbannais, tu sais pas, t’es pas a l’abri d’une bonne surprise…
Des bonnes surprises il y en a eu et il y en aura toujours. Des bonnes surprises qui passent quand même rarement du sous bock à l’oreiller.

Mais globalement tout ça donne le sourire. Surtout si on sait aussi rire de soi même (car j’avoue j’ai pas mal joué dans le bêtisier…j’ai je crois quelques belles performances à mon actif… certaines dont j’ai pas fini de pleurer, d’autres dont j’ai pas fini de ricaner)…
Et finalement femme qui rit…