L’alcool

Un sujet d’actualité… D’autant plus que je me suis réveillée toujours vacillante et qu’au fil de la journée, mes maux, au lieu de s’attenuer, semblent me tancer sur mes capacités de récupération, visiblement amoindries par l’âge et la fatigue automnale.

J’ai le cerveau pulsatile, le pied hésitant, l’équilibre plus que précaire (je suis tombée de mon tabouret ce matin et c’était même pas pour faire rire la galerie) l’œil vitreux, le teint blême et le choix entre deux réactions seulement : l’irritation et le fou-rire nerveux. Pas de doute il s’agit là d’une bonne grosse gueule de bois…

Mais bon franchement ça va.

Déjà j’ai pas dormi avec mes chaussures ce qui signifie que ça allait encore potablement bien. Je sais avec qui j’étais et où (ils se reconnaitront). Je sais ce que j’ai bu (Une gose au concombre, puis une ipa, puis une autre, puis une stout, et puis des shooters de gentiane, de plusieurs type, puis de l’eau de vie, puis de la bière à l’abricot, puis à nouveau des shooters… bref…là n’est pas la question). Je crois savoir aussi ce que j’ai dit, même si certains de mes filtres doivent encore trainer sur le parquet du bar…même si mon débit de parole était probablement encore plus rapide que d’habitude, même si l’ordre de mes pensées était encore plus aléatoire…

Mais ça va.

Et c’est peut-être bien là le problème d’ailleurs.

Car pendant longtemps, j’ai été plus ou moins raisonnable. Un peu parce qu’alcool et jeunes enfants ça marche pas trop, en tous cas au sud de Roubaix, un peu parce que je sortais pas, un peu par trouille du lâcher prise, un peu par terreur de dévoiler mes pensées les plus profondes (alors que maintenant que je pratique je sais bien que c’est pas comme ça que ça marche … et heureusement), un peu parce que je m’ennuyais aussi et que du coup juste tu t’ennuies plus fort mais avec des calories vides…

En quittant ma chrysalide il y a 5 ans pour entrer dans la joyeuse zone d’inconfort et de turbulences dans laquelle je me trouve si bien aujourd’hui je me suis exposée au monde, et donc aux soirées alcoolisées. Avec des gens.

Le cadre privé a été graduellement supplanté par un espace public.

Au départ ça a pris la forme de grosses teufs à la maison, de nouveaux potes, d’essais cocktails pas tous ouf… Puis il y a eu les nouvelles limites, qu’il s’agisse d’alcool, de sociabilité, de compatibilité entre fête et vie de famille (ou ce qu’il en restait), les grosses envies de s’amuser, bouffer la vie, voir du monde, rire et faire rire, exister à nouveau même de manière très superficielle. Fuir, se tirer ailleurs dans la fête, les sourires et les fonds de verres vides.

Et dans ce type de cheminement l’alcool c’est le moteur et le véhicule…

Déjà parce que je suis timide (en vrai pour d’vrai). Ensuite parce que c’est fédérateur (Hey, soirée Pisco sour! Hey, soirée rhums arrangés! Hey, soirée téquila…bref…). Parce que socialement boire, c’est carrément moins chelou que de pas boire. Parce qu’on habite dans un quartier où il y a plus de troquets que de magasins bio, et c’est pas peu dire…Et puis parce que j’aime bien la bière, j’aime bien goûter des trucs nouveaux, et plusieurs fois par soirée même… Et que ça reste associé à des moments sympa. Par exemple je ne bois jamais à la banque, ni chez ma généraliste, ni aux impôts, (je trouve que leur qualité d’accueil est d’ailleurs déplorable), en revanche j’ai souvent mes amis en face de moi sur des tabourets de bistrots, et souvent on rigole bien, ou on se dit des trucs importants, ou alors d’énormes conneries, mais ça nous donne très envie de recommencer, ou de prolonger le moment.

Je ne bois jamais seule non plus, sauf en vacances mais uniquement si j’ai un espace extérieur, et je ne bois pas avant 17h… Et je vais pas seule dans les bars… Mais ceci dit, plus j’ai des principes plus je me vois comme quelqu’un qui aurait des problèmes avec l’alcool.

Alors que ça va. (oui, oui)

J’ai des filtres intérieurs assez rigides qui font que je peux m’amuser sans (trop) déborder. Je vais rire plus, et plus fort, et réfléchir un peu moins, ce qui reste souvent la partie la plus agréable (nécessaire?).

Je vais aussi être un peu moins sauvage et misanthrope. Peut être un chouia plus affectueuse (genre princesse du givre au lieu de princesse des glaces).

J’ai jamais eu l’alcool triste ni mauvais (très maladroit par contre).

Je crois que je reste globalement une peste pas trop méchante mais avec le volume du son un peu plus fort. Et de gros fou rires.

Je recommande d’ailleurs ce livre dans le quel je me suis souvent reconnue, c’est pas glorieux mais ça m’a fait beaucoup rire…

https://livre.fnac.com/a4071521/Anais-Blondet-Je-suis-bourree-mais-je-t-aime-quand-meme

Et coté diététique je sais faire les bon choix, si on boit, on ne mange pas!

A priori donc pas de vraie raison d’arrêter…(le premier qui mentionne le budget, le foie, l’accoutumance, le teint, l’exemple à la jeunesse ou la réputation remporte évidemment le droit de se taire pour toujours).

Je crois même qu’en fait, étrangement ça a pu m’aider à passer des caps, ça m’a donné du courage pour faire des trucs, dire des trucs, vivre des trucs, et de mémoire je crois pas que ça ait gâché ou teinté quoi que ce soit… je dis pas que c’est bien. Mes analyses de gamma GT non plus.

Sinon à part ça, j’ai renversé ma pinte de bière par terre avant hier. C’était au concert de Tropical Fuck Storm au Marché Gare et c’était super. Tellement bien que je suis pas ressortie me chercher une autre bière et que j’ai préféré rester patauger dans ma flaque collante pour pas perdre une miette de la musique. De la vraie musique bordel! Vraiment super chouette. Gros kif musical et petit girl crush sur la belle gosse en micro short au clavier… en plus ils ont fait une reprise. Et il faut savoir que je chéris l’exercice de la reprise lors des concerts, il en sort souvent des trucs aussi improbables qu’intéressants… alors merci TFS.

Laisser un commentaire