Plus noel se rapproche avec le lot d’angoisses et le tsunami de misanthropie que ça déclenche en moi, plus je me dis que ça n’a rien à voir avec ce barbu jovial et un tantinet capitaliste…
Le vrai problème de Noël ça reste la famille en fait… le vrai problème tout court à vrai dire.
Alors oui de nos jours on a tout à fait le choix de pas avoir de famille en aval, et j’ai pourtant décidé (oui, bon… en vérité je voulais juste faire mes lacets) d’y aller par trois fois. A priori ça en restera la, sauf que je promets rien vu que mon rapport a la vie dernièrement c’est un peu genre “ah tu crois que je suis pas cap?” … Et que des fois ca me mène dans des endroits surprenants.
Quand les gens me parlent d’enfants je sais jamais trop quoi leur dire en fait. J’ai parfois même pu manquer d’enthousiasme lorsque mes copines m’ont annoncé leur grossesse… j’avoue que j’ai même parfois été désolée pour elles.
Je reste circonspecte sur le sujet. C’est pas parce que ça s’est « bien » passé pour moi et que j’ai aimé que je recommande ou que je valide le concept. J’ai encore du mal à répondre à la question du pourquoi s’engager dans une telle aventure. Pour moi il n’y a que deux raisons possibles être très fous ou très amoureux. Ou les deux, ce qui est très chouette… même si ça rend con.
Un peu je suis contente pour les gens si je vois qu’ils « font ca bien » (allez c’est bon, il y a certaine(s) d’entre vous que entends ricaner d’ici… par “faire ca bien” je veux dire ne pas subir le truc…y prendre du plaisir voire de la joie. Je tiens d’ailleurs à insister sur ce mot, car j’ai lu cette semaine que le bonheur était une valeur capitaliste, contrairement à la joie qui est une valeur anarchiste… comme quoi si tu fais pas un peu attention tu peux vite basculer du côté obscur de la sérotonine et après bim tu votes à droite… faisez gaffe les gens…)
Donc oui, les primipares les pauvres ils ont plein d’idées (de diktats?) d’éducation positive, ethnique, montessori, steiner et ils pensent bien faire, c’est entre touchant et exaspérant… parce que souvent ils en chient mais ils s’interdisent de le dire ou de le penser, des fois que les pensées pas 100% positives puissent venir nuire au développement cognitif de leur progéniture sacrée estampillée bio.
Les divins bambins qui a l’âge de 6 mois doivent parler espéranto, faire du solfège, savoir nager au moins 3 nages, n’avoir jamais vu de plastique et dormir exclusivement entre leurs deux parents…
Alors bon du coup t’as des parents qui oublient qu’ils sont pas que ça et que c’est drôle de s’entraîner à faire un enfant quand ça aboutit pas forcément sur un enfant et à quel point ça pouvait être carrément plus fun que de jouer avec des cubes en bois issu de la forêt de Broceliande et de faire du cododo… et qui sauront sans doute jamais ce qu’est le lâcher prise du deuxième voire du troisième enfant.
Alors que c’est la que ça commence à être drôle, quand tu déclares un peu forfait, quand tu subis plus tes idéaux ni ceux des autres, et quand tu élèves tes gamins entre yolo et instinct primal… c’est la que tu rigoles le plus. (Après moi j’attrape des fou rire quand je me fais mal donc bon…)
En tous cas j’ai surkiffé ça, et je l’ai déjà dit. Ce truc de plus rien maîtriser et de me dire qu’au moins on s’amuse… d’avoir une ambiance colo sans les moniteurs, de se faire mutuellement pouffer de rire avec des âneries et de leur apprendre que le respect et l’obéissance aveugle c’est deux trucs bien distincts et qu’il y en a un dont on peut clairement se passer. La contre transmission.
Pour l’instant personne n’est en prison. Et j’ai été plutôt fière de signer un mot cette année me signifiant que Z n’était “ pas dans le rang”… ben ouais, grand bien lui fasse! Et pourvu que ça dure!

Z qui hier me disait “ finalement regarde, toi tu as tout fait a l’envers mais au final ca marche. Ton chien tu lui apprends que des bêtises et elle est super bien éduquée, et nous c’est un peu pareil, tu as fait tout le contraire des autres parents et on s’en sort pas si mal”… cool… Bon, il faut savoir que 10 minutes plus tard la conversation a dévié sur “par contre demain quand la daronne de ma pote viendra tu peux essayer d’avoir l’air normale 10 minutes? Genre fringues normales, conversation normale, musique normale?” (Pour info on à presque réussi… on a juste oublié la déco du frigo)

La famille en amont par contre c’est un autre problème. La on est plus dans la deconstruction mais dans la démolition… pour repartir sur des bases saines il faudrait hiroshimamiser tout ça et encore… ça prendrait des années à se décontaminer des particules de merdes qui se sont insidieusement (ou à gros sabot-age-s) glissées dans ma tête, mes névroses, mes fonctionnements les plus pourris… j’y travaille…

L’image du couple, de la famille, du père, de la mère, de l’homme, de la femme… dans tout ça il y avait rien à garder… le freak show psychiatrique… un wet dream de psychanalyste…du coup se construire en opposition ca devient la seule possibilité. Au début quand t’es petit et que tu comprends que tes référents sont pas du tout des exemples à suivre c’est compliqué…après on cherche des modèles ailleurs et ça pousse à réfléchir…
Un jour, si j’ai le temps, j’écrirai un Manuel d’éducation selon les principes de mes géniteurs. C’est vrai qu’on a eu des perles, certaines que j’ai zappé mais dont mes potes me reparlent parfois et qui me surprennent toujours aujourd’hui. J’ai encore des moments « ah ouais, quand même », suivis de fou-rires (nerveux) lors de ce genre d’épisodes. Ce bouquin je pense que les librairies le mettront direct au rayon humour entre les brèves de comptoir et le best of des grosses têtes. Le Manuel de l’anti pedo-psychologie. Le bébête-show de la pédagogie.,,Ou alors il sera vendu en pharmacie, avec les capotes et les stérilets.
Ceux qui savent pas penseront que j’exagère mais les potes ancestraux ou ceux qui ont entrevu mes géniteurs ne serait-ce que 10 minutes sauront. Et je les remercie pour leur soutien et les barres de rire des 3 dernières décennies…car j’ai pris le parti d’en rire. C’est mondialement peu connu mais le sarcasme ça sauve des vies.
Donc voilà… depuis 5 ans j’ai tout misé sur ma famille descendante, je les admire et j’adore leur manière de penser et de faire, malgré des envies récurrentes de les dupontdeligonesiser, notamment pour les histoires de clé, oublis variés, intendance et ordre etc… mais bon les chats faisant pas des chiens je peux pas trop la ramener non plus…j’ai donc fait le choix de leur laisser la vie sauve pour qu’ils commettent à leur tour leurs propres grosses bourdes pédagogiques et éducatives s’ils le souhaitent. Perpétuer le cycle de la bizarrerie.
Par contre, au fil des années, je pense être devenue une mauvaise fille, mauvaise sœur, mauvaise nièce et même une cousine pas ouf… c’est con car de base j’étais assez famille, je croyais même avoir une bonne place dans le clan. Mais ça c’était avant, avant de faire mes choix, de faire jaser, de « me faire remarquer » et de pas aller dans le sens prévu. J’essaie même plus de savoir à qui je déplais ou si j’ai encore une place…ni de comprendre si elle me correspondait vraiment.
Aujourd’hui l’idée c’est de pratiquer une exposition à minima pour éviter les projections (des autres), les tirs de mortier et les scuds ou d’être dans une quelconque ligne de mire, et au final je crois que la petite culpabilité que ça induit est plus facile à gérer que la vie sur un champ de mines…
Sauf qu’à noël on est un peu à découvert, à tous les sens du terme si on se gère comme moi… et que l’angoisse monte. Proportionnellement a la pression familiale, même si ce n’est que celle qui consiste à se regrouper.
Mais j’ai désormais des alliés. Et je constate que ces charmants bambins que j’ai essayé de protéger de ma propre enfance savent être justes et feroces à la fois et me protègent à mon tour. Ils ont capté les enjeux stratégiques et me couvrent en cas de conflit, on forme une bonne équipe. La septième compagnie du sarcasme.
J’ai beau ne pas être l’incarnation de la sécurité je crois qu’ils savent qu’ils ont rien à craindre de moi. Et avec les armes dont ils disposent ils seront bien plus fortiches que moi. C’était l’idée depuis le départ mais je suis surprise de voir que ça a marché.
A part ça… car on est pas sur un divan…hier c’était Black Midi en concert au Marché Gare et j’avais grand besoin de me nourrir de ce type d’énergie… Vis ma vie de vampire musical …
Le bonus c’était le achipé achopé (je me lasserai pas de ce truc) japonais de Dos Monos en première partie… avec ses petits relents de rap vintage qui va bien…un truc de plus à surveiller de près…
Et sinon les Bd de la semaine ce fut ça… deux d’entre elles m’ont tiré des larmes, l’une d’entre elles a une BO qui déchire, une autre te fout la rage pour le pays dans lequel tu vis, une etait superbe mais trop calme et tranquille pour moi, et l’autre était bien mais c’était prévu.., demerden zie zich avec ça…





