Ça va ?

Je regarde autour de moi et je me demande bien qui va bien. Au delà du fait qu’on soit en Novembre, qu’il meule mouillé et qu’il fasse nuit à 14h35.

Qui va bien de l’intérieur je veux dire, sans (trop) se mentir à soi-même ? Qui dort tranquille sans se poser de questions sur le monde qui collapse, l’humanité qui merdoie ou son petit bordel perso, son sombre futur, ou ses relations foireuses ? Qui est serein « en d’dans »? Qui n’a pas l’impression de mentir aux autres ou à soi-même ? De perdre son temps dans une vie bof ? Qui est à l’aise à tous les temps ou ne serait-ce qu’à un seul ? Qui n’a pas peur, ne serait ce que de perdre ce qui est bon?

En vrai sûrement personne, ou alors c’est mon coté cynique. Même ceux qui sourient j’ai tendance à leur prêter des dépressions masquées ou des envies de tout faire valdinguer… de tout cramer au lance-flamme. Mais une fois encore peut être ne s’agit-il que de mon filtre perso.

Avant je voulais euthanasier les gens sans leur avis. Je suis presque sortie de ça…

J’ai énormément de mal avec le petit rituel du « ça va? » même si je le pratique aussi, je sais qu’on obtient rarement la vraie réponse… et que la vraie réponse de toutes façons pas grand monde n’en veut. C’est une question qu’il faut d’abord se poser à soi même. Avant que le corps parle, avant les craquages, avant les crises existentielles dont parfois on a du mal à revenir. (Xavier DPDL on t’oublie pas)

Moi j’ai vraiment du mal avec le mensonge et le « faire semblant ». Outre les questions morales et éthiques il y a une vraie question technique aussi. Mon visage et mon corps vont clairement pas me suivre si je mythonne… Je vais me faire trahir par ma carcasse et mes expressions qui n’ont pas fait le Cours Florent de ce qui est socialement acceptable.

Du coup si on me dit « ça va? » Soit je dis « Et toi »? Soit je dis clairement que j’ai pas la réponse (souvent on a pas le temps de poser ou d’imposer une thèse/antithèse/synthèse ou de faire un récap hiérarchisé des thématiques et catégories de nos emmerdes, angoisses et problèmes) soit ça se voit déjà sur ma tronche.

En revanche si ça va pas chez les gens à qui je pose cette même question c’est que je suis prête à entendre la réponse. J’aime autant partir sur un truc sincère de conversation qui part des tripes et évite de passer par l’ego, quitte à en faire le festival du sarcasme et des solutions pas ouf. Mais en tous cas partir sur un truc vrai plutôt que sur des banalités, ou pire, sur des conversations d’adultes en mode « concours de vie ». Je trouve ça exténuant. On a plus 30 ans, on est quasi tous en deuxième ou troisième vie (ou alors on s’interdit encore d’y penser), on a tous trouvé nos aménagements quasi autistiques pour supporter la réalité, si ça allait ça se saurait.

Et j’ai beau avoir acheté un appart, avoir vaguement un taf et très concrètement des gamins, ça me subjugue pas de parler d’immobilier, de carrière ou de parcours sup…Dans ce genre de cas j’ai l’impression d’être un ado excédé coincé à la table des adultes. J’ai souvent cette impression dans pas mal de situations. Wesh c’est relou t’sé tavu…

Peut-être que je me trompe… Peut-être qu’il y en a à qui sont pleinement satisfaits… Autour de moi tout le monde ne rue pas forcément dans les brancards, et sans dire qu’ils sont résignés peut-être que leur heure de se poser les vraies questions n’est pas encore venue, qu’ils y ont répondu sans tout faire peter, ou qu’ils ont des choses à protéger… pour l’instant. Peut être aussi que tout roule… En vrai ou dans le merveilleux monde du déni et du « je doute de rien ». Peut être que certains se contentent de ce qu’ils ont. C’est ouf.

J’ai bien conscience que mes paramètres de doute, d’intranquillité, d’insatisfaction chronique et de rejet de toute forme de plénitude puissent frôler le too much…

Mais comme la chanteuse morte, moi j’ai la plus grande tendresse pour les gens qui doutent.

Et puis chacun son rythme d’autodéstruction, je ne juge pas. (Je veux pas généraliser mais souvent c’est après le deuxième enfant… )

Ceci dit à un moment il faut détruire au moins un peu pour reconstruire derrière. Moi par exemple qui vient d’une famille pied-noir capitaliste de droite un peu bling-bling et pas du tout écolo qui ne se fiche pas du tout du tout du tout de ce que les gens pensent…eh bien j’ai fait un peu de chemin…(mouarf)

J’avoue néanmoins avoir conservé de cette enfance proche du sentier un gout assez prononcé pour les chiffons flashy (trashy et improbables). J’ai parlé de mon manteau rose?

Ça fait encore tribulations de meuf paumée alors que ça va pas si mal. Mais est ce que ça suffit? Même le trop ne sera sûrement jamais assez…

A part ça Novembre c’est vrai que c’est merdique pour la plage et les terrasses mais c’est un gros gros mois pour les concerts…et coté musique c’est carrément l’éclate même si j’ai pas pu tout voir… et que ne pouvoir ni se téléporter ni se dupliquer les soirs de concert multiples ça reste un de mes micro-drames personnels… Je me demande bien à quoi la science perd son temps au lieu de bosser là dessus.

Doppler au Brisé Glace, Thé Rodeo, Claire Days, M(haol) et Gilla Band au Marché Gare, Nathan Roche au Trokson et Ho99or au Ninkasi… pas de photos des super sympa The Gluts, Birds in row et Herman Dune (pour celui là trop de beanies rouges en ligne d’horizon, visiblement tout le monde était venu en Calypso… j’ai de moins en moins de patience avec les bobos gentils j’ai l’impression de me transformer en Benjamin Tranier dès que je mets les pieds à l’épicerie moderne)…

Petite mention spéciale pour Ada oda au Trokson que j’ai surkiffé… c’était candide et drôle et pop et punk et un peu trash… va savoir pourquoi ca m’a parlé…

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