Ça y est décembre arrive et le nombre de concerts baisse en proportion inverse au nombre de sapins de noël nazes qui viennent encombrer chaque cm carré laissé libre par les decos d’Halloween foireuses. (Sauf chez moi, où Halloween c’est toute l’année …. merci les potes arachnides n’oubliez pas le contrat demoustiquage quand même)… du coup on cumule les pertes… c’est la loose du décibel happy, la débâcle de la terrasse, la berezina sociale (car les fragiles ont toujours trop froid pour ressortir). L’heure est venue de se réinventer une personnalité d’hiver pour survivre à la pause imposée par les frimats…(on remarquera que ça m’aura pris jusqu’à décembre, une côte cassée (une sale histoire de roller disco de rue) et une cruralgie (une sale histoire de pas savoir se donner des limites physiques) pour me dire que j’allais me poser un peu…).
Bref, du coup je regarde des flims. Et des documentaires édifiants… comme ça par exemple.
Et je fais du découpage (ceux qui savent savent) et un peu de collage (par les températures actuelles c’est comme les jeux olympiques d’hiver du vandalisme)… l’inspiration ne manque pas (je suis bien entourée, il suffit d’ouvrir les yeux…).
La mise en page laisse à désirer mais on reste sur de l’éphémère qui partira sous une éponge de concierge ou sous la pluie… C’est vrai que dans la vraie vie faudrait plancher sur le concept de l’insulte qui s’efface et ne reste gravée ni dans l’estime ni dans l’ego. On doit pas encore avoir les bonnes éponges, c’est pour ça.
Dans ce sport sporadique au final c’est la pose qui reste mon moment préféré : choisir le moment (la nuit! Celle du soir ou du matin vu qu’on a l’embarras du choix), le lieu, le passage, la couleur du support, l’exposition… et surtout imaginer les réactions des gens, ceux qui se reconnaîtront même si je les connais pas et ceux qui se feront reconnaître à leur insu… ceux que ca fera sourire et ceux que ca offusquera…j’aime bien. Ça me fera toujours ricaner.










Évidemment c’est comme tout. Ça pourrait être mieux, ça pourrait être plus, ça pourrait être plus abouti. Ça pourrait aussi me lasser comme plein d’autres choses, mais c’est pas encore le cas. Ça m’empêche pas de lorgner sur les badges, la linogravure, la broderie et le vitrail… je continue à creuser pour trouver mon canal. On aura sûrement des voies navigables avant ma solution.
Je continue aussi mes prospections professionnelles… la musique, le soin, la culture, les gens ou le contraire…c’est comme tout le reste moi je veux tout faire. Tout toucher au moins du doigt. Quand on sait pas ce qu’on veut des fois c’est déjà un luxe de pouvoir savoir ce qu’on veut pas, ou ce qu’on veut plus.
Je continue aussi mes prospections musicales, je défriche de la salle de concert à distance en rêvant d’y mettre mes baskets, en calculant des horaires de train et en essayant de les caler sur ma vraie vie, en rêvant de Lo-fi à Rennes, de post punk en banlieue genevoise ou d’hyperpop neorave a Paris… avec un œil sur les reviews Kexp qui vont rajouter des rêves et des envies et encore davantage de dates dans de nouvelles salles qui m’appelleront à vouloir me tirer d’ici… productif et contre-productif à la fois.
Le stratagème visant à me faire supporter la vraie vie est aussi celui qui m’en éloigne. Faudrait que ça devienne ma vraie vie en fait… je vais devenir chauffeuse de salle en roller! Mais ma cote doit cicatriser d’abord.
Est ce que le mieux serait de ne pas savoir ce qui existe et qu’on ne fait pas, qu’on ne lit pas, qu’on écoute pas, les endroits où on va pas, tous ces trucs qui sont à la fois à notre portée mais qu’on arrivera pas à caser dans une seule vie? Mon insatiabilité n’acceptera jamais ce type de résignation…mais le dédoublement et la teleportation c’est encore pas pour tout de suite.
Bon, temps calme alors. A essayer de me convaincre que céder c’est pas décéder. A essayer de ralentir mes battements de cœur pour m’adapter a cette période glaciaire, comme les ours et les vermines des bois, à me dire que ça servira à vivre plus fort au printemps, ou déjà à la reprise des concerts en janvier…
En attendant il n’y a plus qu’à se trouver des poches de joies et de chaleur, des endorphines et du houblon, un plaid et de bons flims à mater, des papillotes, enfiler et s’enfiler de bonnes choses et on devrait survivre à cette période.
Sur les instagrammes le concept d’être bien chez soi porte apparement le nom de hygge, et c’est vrai que ça a pas l’air très compliqué en soi… boire un truc en mode confort, en faisant une activité qu’on aime, dans l’endroit qu’on a choisi et aménagé soi même, on peut pas non plus chouiner qu’on est sur l’un des cercles de l’enfer (on pourrait cependant emprunter quelques idées au deuxième et au troisième cercles pour pas trop se mievriser)… Et puis bon il n’y a pas que des inconvénients à ce froid…

Bon je pars enfiler mes moufles (mufles?) j’ai concert ce soir, des punks basques qui ont un plein d’essence (comment vivent les riches) et même pas froid!