La journée a commencé tôt, presque dans la nuit à vrai dire. Nuit fort courte et agitée entre le fait que je partage un lit avec la Z qui a un sommeil notoirement vocal, et la tempête de neige qui fait rage derrière la vitre… sans parler du bi-profenid qui fait zouker mes entrailles… (c’est cadeau!).
Du coup à 5 h on échafaudait des plans pour aller bouffer des lucky Charms dans la cuisine sans réveiller mamie qui dort sur le canapé de la cuisine. (Il y a un canapé dans la cuisine).


Pas tant pour le sommeil de mamie mais plutôt pour éviter les interactions de bon matin… parce que j’ai vraiment une très très petite jauge de patience et qu’elle était déjà presque au max mercredi soir en la récupérant au train. alors je parcimonise pour tenir sur la durée…
Après avoir enduit nos artères de gras et de sucre, (et d’opiacés pour moi! Youpi!) on a commencé à superposer des couches textiles sur nos corps fatigués… aucun swag mais le concept et la priorité en cet instant c’était de survivre au froid. A 7h et des patates on était dehors… en pleine tempête, et en plein fou rire.

L’idée, avant celle de rejouer des scènes de Fargo, c’était de prime abord de se barrer de l’appart, avec comme sous projet prioritaire de trouver du café, possiblement dans un lieu cool. Accessoirement, le projet secondaire, mais un peu prioritaire aussi quand même, était de trouver une banque. Et le challenge bonus c’était de marcher 2 km jusqu’à Wallmart pour essayer de faire tout ça à la fois.
Aujourd’hui quand je parle de « tempête » il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une exagération marseillaise de vague intempérie neigeuse. On a sur la tronche une authentique tempête dont ils ont même parlé aux informations (genre carrément des morts. Sauf que nous on avait pas l’info). Les bourrasques de 100km/h ça te gifle l’œil, c’est une sensation assez extraordinaire… et puis tu vois rien, et surtout, le vent te déplace souvent de plusieurs mètres et c’est rarement dans la direction que tu avais prévu au départ! (Comme ma vie!)
Bon, autant j’aime la neige, autant le blizzard, sans mauvais jeu de mot, ça a pas été le coup de foudre. Et les canadiens ont pas l’air mega fans non plus car on était les deux seules piétonnes. Sûrement car personne ne déblaye les trottoirs vu qu’il y a pas grand monde dessus. Sauf 2 irréductibles gauloises encagoulées en rüt pour le temple du capitalisme white trash. (Grande fan de misérabilisme primaire j’avoue j’ai souvent ri devant les clichés hallucinants du site people of walmart…et sachez que j’aime bien vérifier mes sources.)
Aparté de la Z:
Wesh la zone on se les pèles
Ça valait bien la peine. (Si de nouveaux blogjackings intempestifs surviennent ils seront en italique dans le texte. Mais je m’engage à mieux surveiller mon tel)
Donc 2 km dans la tempête c’est long, la Z a failli flancher mais je lui ai bien fait comprendre qu’en aucun cas je ne remettrai les pieds dans l’appart ce matin. Elle a râlé mais on a persévéré. (la aussi ça ressemble à ma vie)
Anecdote qui est peut être rigolote même si le doute m’habite… on a fait une halte (pour sauver nos orbites de la mort par cryogenisation) dans une station essence tenue par des jeunes blacks. Et un petit monsieur tout chou arrive et dit : « sacrée tempête hein! » -« ça doit ben vous changer des Caraïbes vous autres! » – couillu…mais pas de quoi hurler au scandale, mais il a terminé par « ca vous apprendra! » en rigolant , avec sa bonne ganache joviale. Si c’était du dixième degré comme je l’espère ce mec est un génie. Sinon on aura jamais vu un connard avec une aussi bonne bouille.
Selon la Z c’était racistement gentil.
Nous avons donc erré dans une zone peri-urbaine glaciaire, à chercher un centre commercial qui avait disparu dans le brouillard… puis fini par mener tous nos projets à bien, sauf celui d’acheter les cadeaux de noël. Et noël c’est demain. (Je crois)
Mais on a vu des trucs un peu dingues. Clairement on aura pas le temps de tout goûter.



Après un épisode de repas en famille chez E (dans un appart et un quartier privés d’électricité (comme 75000 foyers ici aujourd’hui) nous repartons voir le Vieux Quebec.






C’est pittoresque et très coquet. Ce qui ne l’est pas c’est cette p….n de pluie de glace de ses morts qui te lacere le visage. Comme des milliers de petites lames de cutter qui auraient passe un contrat avec de la pluie et du mistral. Perso ça m’a fait bien regretter de pas avoir acheté ce masque de lucha libre qu’il m’avait pourtant semblé raisonnable de ne pas acheter la semaine dernière. Ça m’apprendra à écouter la raison.
Il y a assez peu de monde dans les rues car la moitié des boutiques et même le marché de noël sont fermés à cause de la tempête. (Je sais pas si j’en ai déjà parlé). Visiblement les gens sont moins teubés que nous. La Z me lance des boules de neiges en continu, mais c’est presque doux comparé au peeling au verre pilé qui tombe du ciel. De toutes façons je la défoncerai au nerf gun en rentrant. E a une collec qui fait rêver…et je compte bien en profiter.












Retour au bercail… mamie déneige le balcon sous les rafales de neige (avec des éclairs et tout et tout)… on la laisse faire car ça a l’air important…
J’ai dormi à peu près 5h en 48 h si on me promettait que ça fasse dormir j’irais presque déneiger avec elle.
Mais c’est déjà fort cool d’avoir pu profiter de la journée malgré les frimas, la fatigue et l’inertie de groupe… pourvu que ça dure. On est pas v’nus pour niaiser.