Here comes the sun…Canada jour 5

Encore un matin ou je me réveille la nuit… du coup je trainasse sur les internets en écoutant mes enfants ronquer, mais aussi faire toutes sortes d’autres bruits, j’ai l’impression d’être dans une étable. Si j’arrive pas à les marier je leur trouverai une ferme.

Aujourd’hui le projet est d’aller à Trois Rivières, à moins que ce soit de faire de la luge dans un parc à luge… j’avoue j’ai pas trop suivi…

Tout ce que je je sais c’est qu’il va falloir attendre que tout le monde daigne se lever et se laver et je vais encore ronger mon frein vu que perso j’ai la routine beauté la plus rapide de l’ouest (ne pas en avoir, ça gagne un temps de ouf, même si la Z m’incite à « souffrir un peu pour être présentable », en précisant néanmoins qu’il faudrait pas placer la barre trop haut).

Manger des corn dogs au petit dej c’est la vie que certains ici ont décidé de mener

Les enfants sont formidables. Et je ferai l’impasse sur les révélations de C, hier soir au détour du Juduku (jeu qu’il vaut mieux faire bourré avec ses potes que sobre et en famille. Je le confirme dans la douleur.)

En route mauvaise croupe (tiens à ce sujet j’ai oublié ma ceinture lombaire ce matin), nous voilà partis pour Trois Rivières.

Dans la voiture, ma fenêtre est givrée donc je ne vois rien, je me laisse bercer par un podcast assez drôle sur Amelie Poulain, j’écoute de loin, je me laisse (trans)porter.

Aujourd’hui il y a un grand soleil… ça fait le plus grand bien. C’est fou comme le bleu du ciel change complètement la donne… je crois que j’en avais besoin.

Et il fallait bien ça car les tensions sont de plus en plus palpables… l’humour se passif-agressivise, certaines punchlines ressemblent à s’y méprendre à des règlements de compte et j’en vois même qui sortent de vieux dossiers. Aïe.

Mon instinct de survie me dit qu’il est temps de prendre le large. Dans un peu plus de 24h j’ai d’ailleurs rencard devant Walmart avec Alain, qui va me blablacariser à Montréal histoire de pouvoir enfin dire ce que je pense et faire ce que j’aime faire…comme une inspiration d’air frais avant de replonger en apnée familiale. (Roberto! Mio palmo !)

Je reste à cet instant extérieure et dilettante mais un peu circonspecte. Quand les adultes font des caprices je suis gênée pour eux d’être témoin de cette situation… alors que eux s’en fichent en fait. Du coup je sais pas trop si en rire ou les envoyer chier…( exemple: mamie qui fait un sketch parce qu’on a opté pour un restau végan après 4 jours de trucs frits/sucrés/gras, on aurait dit que sa vie se jouait sur la carence en viande de ce repas en particulier…et la scène a duré 20 bonnes minutes… au final elle a mangé son papoulet et son fauxmage comme tout le monde et j’ai pas l’impression qu’elle s’en porte plus mal, c’était vraiment pas la peine de nous pondre une pendule.)

Trois Rivière c’est très joli… c’est pas bien grand, il y a des microbrasseries et des galeries « d’art », il y a aussi pas mal de petits cafés et une jolie balade à faire vers Sainte Cécile et Sainte Ursule… il fait beau, la neige croustille et couine sous nos pas. Moi j’aime marcher, je suis contente. Mais en groupe j’ai toujours tendance à me sentir responsable de l’émerveillement collectif et je me sens nulle si le chemin que j’ai choisi ne prête pas suffisamment à l’exotisme…

Heureusement pour ce groupe la, l’émerveillement c’est bien le cadet de leurs soucis. Le groupe avait froid aux pied, faim, soif, certains voulaient se rouler dans la neige et manger des stalactites (la même personne d’ailleurs), d’autres ont un sérieux problème de vessie, d’autres se plaignaient du manque de sommeil à cause, apparement, de gens qui se réveillent trop tôt et rôdent dans l’appart (je vois pas de quoi il parle) et d’autres aiment pas marcher car ils fument 2 paquets de clopes par jour et c’est pas très compatible avec une activité physique quelle qu’elle soit… du coup mes petits problèmes d’émerveillements, hein…

Malgré le soleil il fait -15c. Bah, ça pique un peu mais ça vaaaaa. Il va quand même vraiment falloir que je retrouve mes gants.

On déambule et c’est chouette. Dans toute la ville il y a des plaques gravées avec des poèmes d’amour. On dira ce qu’on veut de ce concept qui attire pas mal d’emmerdes, retourne le cerveau et donne des vergetures, ça a l’air quand même très inspirant pour les poètes. Certaines proses étaient super mièvres, d’autres m’ont parlé davantage… les voici.

J’encourage ces poètes là à continuer. Les autres peuvent commencer à se chercher un vrai travail.

Update sur le projet Racoons: on avance pas un brin. Mais cet aprem on a acheté un kazoo, j’espère que ça va pouvoir servir d’appât.

Peut être que j’ai trop regardé Duck Dynasty et que trappeur c’est un métier. Je vais en parler à ma conseillère France compétence, autant il y a une formation courte à faire, ou un atelier…

A part ça le moral ça va encore… ça pourrait être mieux mais je m’attendais néanmoins à pire. Surtout quand on sait que j’ai pas ma dose de musique, ni de lecture, ni de potes, ni de liberté… heureusement il y a de la nouveauté partout et c’est un gros coeff chez moi. Et puis il y la Z qui me fait bien rire (sauf quand je constate qu’elle est habillée de A a Z avec mes fringues…).

Go survivre jusqu’aux z’aubes de demain.

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