À tantôt Québec … Canada jour 12 et fin

Dernier jour… sentiments ambivalents a l’idée de partir d’ici pour retourner d’où je viens. Cool de retrouver mon autonomie même si ce sera à nouveau dans des terrains trop connus. Pouvoir faire à nouveau cavalier seul même si ce sera dans des contrées usées … alors qu’ici j’ai tout à découvrir, sans pouvoir rien faire à cause du poids de la caravane familiale…

Tu préfères être suivi par des canards toute ta vie ou avoir des jambes en mousse?

La vie est une dure lutte dans les pays riches d’enfants trop gâtés.

Bref, tout ça me donne très envie de voyager libre. de voyager loin et de voyager longtemps. J’ai plus qu’à mettre des piastres de côté.

Escapade matinale avec la Z pour acheter des bagels. On respire. Il neige à gros flocons. On se marre.

Parenthèse zouzesque : Oh la vérité caro elle sait pas faire des colorations j’étais blonde j’ai fini rousse et brune ARRGGHHH

Répit de courte durée… retour à l’activité valise et ménage… je suis excédée par l’excédent. Je vois venir d’ici qu’on va devoir vider les valises devant tout le monde à l’enregistrement pour partir avec toutes nos fringues sur nous. (update: ils ont même pas pesé les bagages)

Zouzade de la matinée: « je suis exospérée. Explication: c’est entre exotisme et exaspérée car je suis saoulée mais en vacances. » J’ai enfanté un génie. Un génie de l’absurde, mais un génie quand même.

Nous partons explorer une suggestion (un caprice?) de mamie, une espèce de centre commercial de luxe tout fermé et tout marron (genre luxe clinquant d’il y a 40 ans… style trump tower mais ils avaient plus de feuille d’or pour la déco)… on fait le tour. C’est nul.

Je me prends la tête avec mamie. C et moi partons chercher du café… au final au bout de 20 minutes tout le monde convient que c’est naze. Mais mamie est contente car elle a des photos d’un endroit qui ressemble à Dubai-avec-les-lumières-éteintes à montrer à ses copines.

Ouh la mais c’est pas fini… on part voir l’oratoire du père André… une espèce de basilique moderne gigantesque située quelque part entre le modernisme et une salle de réunion de Dunder Mifflin. Ils ont vraiment utilisé beaucoup de béton mais le résultat est pas foldingo. Il y même des Escalators pour aller au merch ecclésiastique et à la crypte…on dirait un mall religieux un peu cheap.

Je crois que je préfère les chapelles de la Vanoise décorées à la gouache ou tu peux toucher le plafond en levant les bras.

C’est pas que j’ai pas l’esprit tranquille avec ces histoires de bien et de mal toussa toussa, mais je me sens pas super a l’aise dans cette ambiance… famille et religion dans la même pièce, même si la pièce en question fait 30 mètres de plafond ça fait un peu beaucoup…

Moi je voulais voir l’expo « Basquiat et la musique »… mais bon je la verrai en ligne hein c’est pas grave. Bande de relous de bénitiers…

Le musée est fermé (je sais pas, j’ai pas du mettre les bonnes chaussettes de la chance hier…)… on repart donc à China Town car Z et E ont envie d’un buffet à volonté. On se trouve le restau le plus ringardos de la terre… je vois la carte des cocktails et je me dis que je vais plutôt miser sur ça.

Trop de choix tue le choix

Déjà première barre de rire quand je commande vu la panique sur la tête du serveur! Code rouge! Code rouge! Quelqu’un a osé demander un cocktail sur la carte factice… bon, il va demander secours à sa chef… elle a l’air dépassée mais on sent qu’elle doit assurer. La « chose « arrive… grosse déception… le cahier des charges est pas respecté. Le cocktail scorpion qui devait être bleu est orange. Par contre le deal voyage dans le temps est respecté. La moquette annonçait déjà la qualité de l’épopée temporelle mais c’est la cerise confite au bord du « verre » qui te fait remonter les années… au goût ça casse pas des briques, en anxiolytique ça fait là job.

On marche un peu puis on ramène E à la gare routière pour son retour à Québec. Moment de grosse émotion. Je crois que je n’ai jamais été la mère qu’il aurait voulu et qu’il est une fois de plus déçu. Moi je suis partagée entre ne pas vraiment comprendre ce qu’on me reproche et ne pas vouloir vraiment savoir. Faire ce que je peux c’est souvent pas assez et j’en suis bien consciente.

Je crois que les dynamiques et les personnalités en jeu sont trop complexes. Et surtout soumises à trop de reinterpretations et d’interférences, surtout cette semaine. Les plus jeunes de la portée sont solidaires avec leur mère mais comme disait la Z, depuis 6 ans ils ont une version améliorée de moi, avec laquelle ils évoluent en parallèle, dans un truc assez free, que ce soit de parole ou d’esprit. Un environnement dépouillé d’influences ancestrales ou même paternelles. En fait, à la naissance de C j’ai décidé de faire « comme je le sentais » au lieu de « comme il faut » ou comme on me disait. Best decision ever. Ils ont donc eu des enfances très différentes, l’ironie étant que quand j’essayais encore de me contorsionner dans la normalité j’étais sûrement humainement à mon pire. C’est l’une des rares choses sur lesquelles j’ai appris, grâce à C et Z, à me faire confiance. Et j’espère qu’à l’avenir ça leur servira à tous les trois.

Je vais faire l’impasse sur les péripéties aéroportuaires… tout comme celles relatives à la restitution de la bagnole. Je me suis assez peu investie dans l’ambiance véhiculaire, ou alors ça n’a pas dépassé notre banquette. Mais c’était l’fun.

Je reviendrai ultérieurement sur les plus et les moins et ce que j’aurai retenu de ce hold up, pardon, voyage familial… là je dois gérer la Z qui malmène un chariot chargé de bagages et essayer de pas rater l’avion!

Laisser un commentaire