Get up and go

Tout est triste et tout est noir. C’est le vide et le néant. Je me balade dans les décombres…je regarde les cendres des incendies que j’ai allumés … l’auto-pyromanie est un concept sur lequel on se penche trop peu. Je confirme que ça brûle très bien quand même.

Je me balade aussi sur les divers chemins de mon GPS de l’anxiété qui me foutent inévitablement dans des murs ou des fossés. Et pourtant telle une infatigable chenille je redémarre. Mais pour aller ou? Si il y a une route pour moi, soit elle est en construction, soit je vois pas les panneaux, soit je me suis vraiment très éloignée de la sente.

Alors je monte dans des trains car finalement il n’y a que la que je suis bien. Même si il est grand temps que je pilote ma propre locomotive. (on dit piloter?)

L’angoisse se partage à l’exaltation. Je suis à un stade où comme plus rien n’est possible il faut tout réinventer. Et c’est vertigineux à en filer la nausée. Putain de douloureux aussi. L’auto amputation en termes d’algie ça n’a rien à envier à l’auto-pyromanie… le cumul des deux c’est un festival.

Mais je vais traîner ma boiterie et mes blessures ailleurs. Comme les animaux sauvages je vais aller me soigner dans les bois. Survivre ou crever. La limitrophie départementale pour commencer léger, et puis on verra quand j’aurai le permis, les gonades (et un camion) et que je me ferai davantage confiance.

J’ai pas d’attaches, pas de famille, mais j’aurai le budget que m’offrira mon appart, une certaine flexibilité mentale, une certaine souplesse sur l’emploi du temps et un élan de vie complètement pas proportionnel à ma vie… je dois faire un truc avec ça.

C’est le flip total… une liberté qui me fout bien les jetons, comme si j’avais plus le luxe et le temps de me planter. Il faut commencer à vivre. L’urgence de la sérénité…

Mais comme dirait mon psy, qu’est ce qui vous angoisse dans le fait de pouvoir réussir?

Bizarrement si j’applique ma méthode usuelle : « qu’est ce qui fait le plus peur entre tout foutre en l’air et faire tout pareil » c’est la deuxième option qui me terrifie… je saurais même pas dire pourquoi.

Choisir entre la terreur ou l’angoisse, ma foi, quel choix intéressant.

Ça fait déjà un moment que je cherche du sens, et à en remettre dans ma vie et je crois que ça va/doit passer par quitter la guille… et ça va être un putain de crève cœur. Sans parler du déficit budgétaire pour les bars et les librairies du tiequar, déso les gars mais vous pouviez pas continuer à vivre à mes crochets forever. Bande d’assistés!

Je crois que j’ai aussi une vague idée du sens que je veux mettre.

Œuvrer auprès des humains (après les avoir fuis toute la vie), même si je sais pas sous quelle forme (musicale? Sociale? Soin? Les 3 à la fois? Oui mais comment?), moins de matériel (même si je ne renoncerai pas à mes fringues improbables car j’ai bien l’intention de traumatiser les ruraux avec ma garde robe psychédélique trash), rire davantage (fini les soirées à parler de rien et se faire chier, fini les conversations où personne se dit rien de drôle ni de vrai, fini les soirées ou je rentre en me disant que j’aurais mieux fait de claquer 30 balles en bd qu’en bière si c’est pour rentrer encore plus vide).

Et puis les relations aussi… ne plus ne pas savoir ce que je vis ou être en décalage total. Ne plus avoir à décrypter pour savoir si on veut de moi ou pas. Vivre des trucs simples qui font sourire, et ne me collent pas l’idée que c’est moi qui mérite pas mieux. On verra bien si ça existe plus loin… ou plus tard. Globalement il va falloir que je me respecte un peu plus.

Je sais que ça va me flinguer de quitter le crew lyonnais, l’équipe quotidienne du mur des lamentations et du fou rire qui sent le café ou la neipa…ces copaines qui sont mon journal intime interactif depuis que j’ai appris à parler sur le tard, et qui me renvoient ce que j’arrive pas à me dire moi-même. Même si la légende raconte que j’écoute pas forcément…

Hier je visitais une maison au trou du cul de monde, avec mon fardeau d’épuisement et d’espoirs en train de se battre dans ma tronche… et j’ai été assaillie de tristesse à l’idée de quitter tout ce que je connais. Sauf que je crois qu’il faut que j’aille me connaître moi aussi… et si je suis coupée du monde et ostracisée par les indigènes ce sera l’occase de lire les 300 bouquins que j’ai acheté d’avance et qui prennent la poussière partout dans l’appart vu que j’ai plus de place sur les étagères. Faire un temps calme…

Une vie dans la vallée de la mort où dans les terres froides (faut que ce soit vendeur pour les potes) à vivre d’allocs, de projets visant à changer le monde et de littérature trash. Félicitations pour ce projet de vie! Vous devriez écrire un blog.

Ouais j’y pense…ou une série sur ma vie genre les feux de l’amour ou il se passe rien mais sur 70000 épisodes. J’ai déjà le scénario.

Après, une de mes phrases fétiches c’est : « mais qu’est ce qui peut se passer de pire? »

Et quand on regarde les choses sous cet angle là, le pire c’est souvent pas grand chose. Ou alors c’est nos blessures ancrées et alors SHEH! On avait qu’à bosser dessus au lieu d’en être encore là à se retourner la tronche.

Chez moi on l’a déjà dit c’est le rejet et l’abandon. Donc oui j’ai peur de perdre mes gens, mais je suis déjà partie ailleurs et loin et longtemps et les vrais sont toujours là…et je fais aussi ça pour eux, ces citadins qui ont besoin d’un pied à terre à la campagne…

Et je pense pas être merdique au point de me faire virer d’un village entier, ou rejeter par toute une communauté (par décret municipal, vous avez été désignée pour le goudron et les plumes… ah ok, quelle couleur les plumes? Je peux garder ma barrette avec écrit « fuck »?)…enfin j’espère.

Après, aller m’intégrer et trouver des potes, j’avoue c’est pas gagné… mais l’idée c’est d’essayer justement. Et on est pas à l’abri de bonnes surprises.

Et au pire à la campagne il y a du kir.

Bref… je dois y aller, je dois faire mes cartons et passer mon permis.

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