Ça débarrasse

Un mètre cube de vide et une trentaine de cartons plus tard je suis pas plus sereine. Peut être un peu plus optimiste car ça bouge, mais brasser de la poussière et des souvenirs ça brasse tout le reste aussi, et même si à ce stade on aura compris que je suis une fiotte emo, je suis un peu submergée…

Mais pas aussi submergée que mon salon…

Même si c’était drôle, et avec l’aide et le soutien de monsieur N et madame C ce fut presque une partie de plaisir. (J’apprends qu’ils ont depuis changé de numéro, demandé à changer d’identité et quitté le pays) (et qu’ils font de l’asthme).

En vrai, il parait que la balade matinale avec madame C va dorénavant se faire en rollers, il faut juste organiser l’ambulance balai. Et les playlists. Et il va nous falloir un ghetto blaster je suis sur le coup. Je propose qu’on se mette en jambe avec Eye of the Tiger dès l’étape boulangerie puis on verra au feeling.

Il m’a aussi été fait remarquer « qu’on peut pas tout garder » sous prétexte que « et si un jour… » … mais c’est pas de ma faute si les gens sont inconscients et savent pas prévoir… moi par exemple demain je peux faire un tennis, des raquettes ou du patin ( a roulettes ou à glace), peindre une pièce couleur framboise ou brasser une bière sans rien emprunter à personne, juste en utilisant le matos de pointe dont je dispose sous mon canapé… et ça… si c’est pas de l’autonomie pour survivre à la fin du monde…

Je vais utiliser ce blog pour lister les éléments improbables de ce déménagement qui n’en est pas un, vu que je n’ai ni vendu ni acheté. Juste je me déleste pour être prête à décoller. Au kazoo.

Aujourd’hui je vais faire une thématique alcool.

J’ai retrouvé 2 litres de sangria (c’est parti à la boîte à dons)

Du sirop de Spritz (comment? Pourquoi?)

De la liqueur au chocolat blanc (je vais être obligée de relancer les soirées cocktail je vois que ça…)

Une bouteille de rouge suicidaire un peu piquette qui fuyait car le vin avait rongé le bouchon

Pas un mais 2 kits de brassage de bière

Des « trucs » pour transformer des fruits en alcool plus vite

Tout ça dans un très petit meuble où je mets d’habitude mon café…

Et comme j’en avais marre de ranger mais pour rester lexicalement dans le thème j’ai fait du rhum arrangé. (Merci à Monsieur J qui pense à mes apports vitaminiques en ramenant des ananas Victoria et à Mr N dont la mangue fera partie du prochain batch… le printemps sera cweole ou ne sera pas!)

J’ai vraiment hâte de redécouvrir les autres secrets que recèle cet appartement. (spoiler BEAUCOUP de câbles électriques, vraiment vraiment beaucoup…un truc de dingue… la plupart je sais même pas ce que c’est ni d’où ça vient).

J’ai aussi retrouvé mes bouquins sur Andres Serrano et Joe Coleman que je croyais perdus… donc c’est cool…

https://www.paris-art.com/createurs/andres-serrano/

https://www.outsiderartfair.com/fr/artistes/joe-coleman

Et puis les photos bordel…quand t’es enceinte a 20 ans ça fait bizarre, c’est entre la photo d’adolescence et complètement autre chose et avec le recul c’est très étrange. Tu te vois «bébé « et enceinte à la fois et t’as envie de te dire de faire gaffe à toi… et pourtant j’étais persuadée de savoir ce que je faisais. (Mou-a-rf)

C’est un niveau d’optimisme et d’inconscience que j’aimerais pourtant bien retrouver aujourd’hui. Après avoir tenté le mode adulte puis échoué je me dis que la formule yolo elle était pas si mal que ça. Surtout qu’entre temps tu chopes quand même 2 ou 3 acquis et compétences sur lesquels tu reviendras pas, et quelques mandales qui t’apprennent la vie aussi (c’est quoi un JDF? C’est quoi un partage des biens? C’est quoi une HAD?) mais lâcher un peu le cynisme pour se dire que la vie est trop kurt pour trop réfléchir ça pourrait être intéressant, ou salvateur.

(parenthèse Z qui me saoulait l’autre soir avec une logorrhée verbale à volume sonore sûrement illégal… et qui m’a lâché que c’était pour m’empêcher de réfléchir vu que quand je réfléchis « on voit bien ce que ça donne »… médaille de l’observation ou de l’insolence … ou d’un certain type de prévenance va savoir…)

Mais ma cogite elle flambe surtout quand je me mets à penser à mon impact sur les autres. Cette foutue histoire de lien qui peut être certes jolie, voire même sacrée (le sang, le S comme dirait ce morceau de placenta qui, à quasi 15 ans, régit mon foyer et la liste de courses d’une main de fer)… ou des liens parfois si forts qui font qu’on peut parfois oublier de penser à soi…

S’il s’agit que de moi, on est sur du jmenfoutisme high level (qu’on peut aussi appeler coolitude en se mentant un petit peu) entre autistique et hédoniste qui se fout bien de demain ou de savoir s’il y en aura un. On rit, ok, on meurt, ok aussi.

Sauf qu’il y a aussi les autres. Et ça devient chaotique.

Le Remi Julienne de la décision de vie. Sans doublure ni doublage. Sauf qu’en réalité sous la combi c’est Pierre Richard… rien de spectaculaire, pas grand chose pour couper le souffle, juste assez de maladresse et de gaucherie foireuse pour entraîner bien malgré eux les gens dans mon merdier.

Je devrais me faire tatouer un panneau d’avertissement. Sympa mais hautement pas fiable. Équipement de protection obligatoire. Éclaboussures abrasives. Chutes possibles.

Heureusement pas le temps de chuter ni de réfléchir ce soir je dois ranger…

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