Ça jongle avec les cartons et les réalités… une vie qui se vide pour aller se remplir ailleurs, des étagères qui perdent leur substance et des cartons qui se chargent de tout ce qui me constitue (à ce stade surtout des livres). Je constate que la majeure partir de mes possessions matérielles sont donc des phrases, des bulles, des concepts et des expériences que d’autres ont vécu, dessiné ou imaginé…(on parlera des chaussures plus tard…)
Ce que j’ai de plus précieux c’est donc de l’imaginaire abstrait appartenant à d’autres… et finalement c’est peut être le seul refuge que j’ai pu avoir dans ma vie. Un endroit où l’on n’existe pas ou plus. Ou ne restent que les yeux, le cortex et une interprétation toute subjective.
Pas très étonnant donc qu’en temps de crise ma seule envie soit celle de m’extraire pour aller lire. Et je vais avoir de quoi faire vu que je constate avec effarement (et presque honte) le nombre de livres que je n’ai pas encore parcourus…

Mais bon… c’est ça l’idée en tous cas. D’avoir les pieds dans l’herbe et des pages entre les mains.
C’est chelou de voir ce qu’on accumule… ce dont on arrive pas à se séparer ou au contraire de ce qui nous libère quand on s’en libère.
Même si la on est plutôt sur une ambiance poussière et chatterton… avec l’occasionnelle crise d’angoisse qui transforme tes poumons en kazoo, mais qui heureusement passe à la deuxième bière (pour les médecins qui débutent dans le métier cela indique avec une certaine fiabilité que le trouble est plus existentiel que respiratoire) (nous n’aborderons pas ici la relation thérapeutique a l’alcool)
Donc voilà… trier, jeter ou garder… pour pouvoir bouger. Et lutter avec soi même, car comment savoir ce qui va nous manquer alors que ça nous manque pas encore?
Je passe sur le défilé des agences qui scrutent le détail de ta vie, et t’invitent à dépersonnaliser le seul endroit qui te ressemble un peu… se préparer à des yeux étrangers qui viennent jeter des regards dédaigneux sur ton habitat (mais comment?! Vous ne trouvez pas sur les tags dans l’ascenseur relèvent du génie artistique?!).
Et la dissonance artistique on en parle? … le « vernissage » d’hier… ou je ne me suis jamais, ou du moins rarement, sentie aussi peu légitime… (a part si on m’avait organisé une bat-mitzvah)(rien a voir avec batman).
Ceci n’était au départ qu’une blague… qui a démarré lors d’une soirée pourrie, mais une blague qui me fait du bien depuis 4 ans et qui me défoule pas mal j’avoue. Une superchierie qui n’a jamais eu d’autre vocation que de se retrouver sur des murs ou des poubelles… le cadre en verre n’ayant jamais figuré dans le projet de base. D’ailleurs il n’existe pas de projet, ni de base.

Alors oui c’était cool, mais surtout c’était cool de boire des coups avec les potes qui sont venus (et ne savaient pour la plupart pas que le langage ordurier sur les murs c’était moi)…et j’avais globalement quand même hyper envie de m’excuser… bref… pas confort… je vais retourner à mes errances nocturnes, mes poubelles et mes bornes à incendie.
Je vais surtout retourner à mes cartons. Les tâches répétitives empêchent la cogite, et la en ce moment, ma cogite elle me bouffe un peu la tronche. Une sale impression de ne rien connaître de moi même. Des incertitudes qui me bousculent, ne pas réussir à trancher entre seule ou plurielle, ne pas savoir doser ce qui est bon pour moi et ce qui l’est pour les autres. Ne pas comprendre vraiment ce que je veux… ni dans quelle mesure… ça me fatigue jour et nuit.
De toutes manières c’est une partie du problème d’être tout et le contraire et de vouloir tout et le contraire. C’est la faute à mon ascendant Gémeaux… la psychanalyse n’a pas de prise sur les astres.
Du coup j’ai cette envie de vouloir juste disparaître (mon ascendant David Copperfield) en attendant que les choses se tassent ou se fassent sans moi dedans. (Ce qui n’est pas possible on est d’accord, mais je vais quand même me renseigner sur le coma artificiel de loisir… du Dignitas plaisancier…)
Et j’ai la migraine.

Mais ce soir la Z revient… du coup elle va pouvoir à nouveau nous nourrir C et moi vu qu’on a survécu de justesse et que si ça se trouve mon stress c’est juste un symptôme méconnu d’anémie (ou d’intoxication alimentaire).
D’ailleurs, phrase de C suite à un échec culinaire de plus (de trop?) de ma part : « tu sais, si la cuisson des aliments c’est vraiment pas à ta portée tu peux essayer de nous faire des trucs qui se mangent froids c’est pas grave. » (je rigole mais de rage devant l’insolence de ce vil individu…)
Et sinon cette semaine il y eut le concert de Seb Radix et de Nestter Donuts au Trokson et ce fut très très drôle…


