Turin-Lyon

Alors ce matin j’ai maudit mes propres grands morts pour être aussi teubé… de n’avoir point de valise à roulette (le sac « sport Billy » quand il contient 15 kilos de merdier il te fracasse l’épaule!), d’avoir acheté autant de livres (la littérature c’est un sport de bonhomme), d’avoir ramené des pâtes (mais quelle bonne idée!), et en prime d’avoir acheté un vinyle que tu peux caser nulle part…

Sans parler du menu spécial « je gerbe dans le bus »… la fille qui boit jamais (je me comprends), le jour ou elle doit marcher 45minutes avec 20 kilos sur le dos tu peux être certain qu’elle va acheter 3 boissons différentes (encombrantes et lourdes) juste au cas où, ce jour là, elle découvre la soif… donc kéfir, jus d’orange et coca…

Et je suis là à suer et galérer, en me concoctant des tendinites de tous les membres, avec ma musique en mode aléatoire et j’ai envie de tuer mais je me marre malgré moi car les Village people s’enchaînent avec du gros métal chelou puis Petula Clark dans mon casque et j’aime quand même bien l’absurdité de la (ma) vie,

Je suis un épisode de strip tease alors qu’en vrai je voulais être un épisode de Tracks.

Je quitte donc Torino avec qui ça n’a pas été le coup de foudre immédiat…ni secondaire d’ailleurs.

Faut dire que c’est parti du mauvais pied avec du catfishing de airbnb… j’avais choisi une « colloc » dans « presque le centre » (oui je sais j’aurais du me méfier)… chez le jovial Ale qui m’envoyait des messages disant qu’il avait vraiment hâte que j’arrive. Ok, je me dis les italiens sont visiblement très accueillants. Super.

Au final je me retrouve dans un appart sombre au rez de chaussée d’un immeuble à 45 minutes à pied du centre, dans un quartier tellement craignos que guillotiere à côté c’est la banlieue chic de Göteborg, chez Ali… qui vit tout seul et me prête sa chambre pour dormir dans une espèce de placard. Ambiance.

J’ai donc passé 3 jours à me mouvoir comme un ninja pour ne pas révéler ma présence le peu de temps que j’ai passé dans l’appart… quand on connaît ma grâce et ma coordination je pense que le mec savait que j’étais là même quand j’étais pas encore dans la rue…

Je reconnais qu’il était assez sympa quand même, j’aime juste pas trop me faire embrouiller…

Bref… Turin c’est pas foufou. C’est un peu trop rectiligne, trop propre, trop chic… et c’est super étendu donc tu marches beaucoup mais avec vachement moins de merveilles qu’ailleurs…

J’étais dans un mood intello alors je me suis dit que j’allais visiter des musées…intello mollo par contre car celui par lequel j’ai voulu commencer c’était le musée Lavazza (en me disant qu’au pire il y aurait du café) mais c’était hélas chiuso.

J’ai donc jeté mon dévolu sur le musée d’anthropologie criminelle qui m’avait l’air cool et intéressant. Au guichet, la gentille dame m’annonce que pour le même prix (0 euros) j’ai droit au musée de l’anatomie, et au musée du fruit (oui, moi aussi j’ai relu deux fois car j’étais pas sure)…

En fait c’était glauque mais drôle. Un psy de tar l’époque ayant décrété que les velléités criminelles étaient liées aux caractéristiques physiques il collectionnait les crânes et les masques mortuaires des criminels pour tenter d’établir des relations de cause à effet physionomiques. Et du coup tu déambules dans des salles entières de masques mortuaires en cire et de crânes de bandits de grands chemins.

Je me suis faite démarrer par une vieille dame vigile car j’ai pris une photo et c’est fort dommage car c’était hallucinant…et j’aurais bien aimé pouvoir partager ça.

Des crânes de criminels goguenards

Il y avait aussi une expo des jarres dans lesquelles on donnait aux prisonniers leur ration d’eau quotidienne et qu’ils décoraient de scènes de crimes, poèmes ou scènes porno… et des statues de glaise qu’ils faisaient avec l’argile du sol des cellules. L’auto art thérapie en quelque sorte.

Voici le lien du musée

Petit break théoretico-bucolique au musée du fruit ou j’ai pu découvrir pas moins de 300 types de pommes et poires en cire différentes…ce qui n’a déclenché que peu d’émotion chez moi, même si j’ai vraiment rien contre ce type de végétaux.

Il y avait une découpe anatomique de grosse chenille (je crois que l’échelle était vite fait exagérée) qui est l’ennemie jurée des fruits.

En effet si j’étais une poire je flipperais ma race…

La chenille! La chenille!

Ça m’a préparé pour la suite des festivités. Le musée de l’anatomie. J’avoue que j’en suis pas à mon coup d’esssi pour les musées d’anatomie donc c’est bien de pouvoir comparer,

Celui là était très beau… mais le contenu très désuet… ça faisait plus musée du beef jerky. De vieux crânes (ok, déjà vu), de vieux tendons, des intestins momifiés, des membres séchés et toutes sortes de petits squelettes de fœtus…

Pas de difformités, très peu de trucs dans le formol, pas d’anatomie punk quoi… du didactique séché…

J’étais pas fâchée de repartir au grand air… même si Turin c’est bof en terme d’ambiance, mais on a compris…

J’ai donc décidé d’aller prendre le soleil et la mer (même si c’est la mer qui prend l’homme mais comme je suis pas un homme ça ira) à Genova…

Départ aux z’aubes… petite sensation de liberté avec le soleil qui tape sur la fenêtre du bus, les jolis paysages qui défilent… puis le bleu qui brille comme dans la chanson de Trenet…et qui te tire de ta somnolence béate…

Et Gênes c’était la grosse claque, le coup de foudre!

C’est magnifique et bordélique… des palazzi décatis et sublimes et des petites allées sombres tellement étroites que tu touches les deux murs avec les mains… et des librairies Inde partout…(mention spéciale pour Bookowski!)

Du street art à message, des super bouquins, des indigènes aux yeux malicieux, tu sens qu’ici les gens sont pas sages mais avec le sourire! My kind of people…

Je me suis baladée happy. Pas de pensées parasites. Pas de trop ou de pas assez. Pas de quoi, de qui, de comment de pourquoi dans la tronche. Juste de l’émerveillement, du soleil et de l’air marin… de la musique dans les oreilles et parfois le cri d’une mouette… à ma juste place dans cet instant chipé à une période pas simple… de la légèreté tranquille… et 20 km de déambulations avec li sourire.

D’autant plus que le soir j’avais rencard avec Ryder thé Eagle, Alexander Von Pelt et Adam Green, Turin n’avait jamais vu autant de beaux gossses à la fois…

Et naturlich ce fut génial…

Ryder thé Eagle il est drôle et cabotin, il monte partout, il fait le mariole, il en fait des caisses en mode crooner séducteur mais en vrai il s’appelle Adrien et il est super sympa! Il m’a même fait un partage de co.

Quant à Adam Green c’est un Crush qui dure quand même depuis plus de 15 ans… partiellement dû à son talent pour la danse et son attitude débonnaire… les névrosés cool ça reste mon gros point faible…

On remarquera que les italiens parlent TOUT LE TEMPS

Il était détendu, content d’être là, c’était acoustique, il a bien discuté et on était même pas 50 donc moment vraiment privilégié… je suis repartie à pied le long du perif tout pourri avec des étoiles plein les yeux… et j’aime bien quand ça fait ça.

Le feeling n’aurait pas pu survivre aux galères de transport d’aujourd’hui… alors je l’ai rangé pour pas le gaspiller et pouvoir y revenir plus tard…

je suis enfin de retour dans mon lit, et auprès des gamins (pas concomitamment on est pas à Outreau) après 8h de mierda bus train et voiture…mais c’était les grèves donc on va dire que c’était pour la bonne cause…

Je me suis habillée pour les retrouvailles

Moment cocasse en BlaBlaCar avec un policier conducteur qui revenait du ski, un mec vraiment chelou qui en menait pas large, une féministe vénère de science po et moi… bukkake moral et social…

Du Adam Green pour finir… moi je vais me pieuter et déplier un peu mes jambes…demain à 6h30 fini la rigolade… c’est chantier pour continuer d’apprendre à bricoler…et y a du taf…

Laisser un commentaire