Depuis 3 mois, ça a beau être la fête foraine dans ma tête, avec les grand 8, les trains fantômes, le freak show et les clowns, sans oublier le palais du rire où tu prends des portes dans la gueule, où tu t’éclates contre les miroirs déformants et où tu ramasses tes dents en rigolant, factuellement ma vie n’a rarement été aussi monotone.
Je fais des cartons. Je les déplace. Je parle constamment de faire des cartons et de la galère à les déplacer.
C’est palpitant.
Je bouffe du stress et je bois de l’eau. Enfin bon, disons que je buvais de l’eau, mais là ma gueule de bois phénoménale annonce officiellement la reprise… (après la Demi molle des trois demis de mercredi soir)
Je continue donc à construire mon nid avec les bricoles du bon coin. A force de voir passer du kitsch je ne fais plus trop la part des choses entre le kitsch ironique et le kitsch premier degré… Mon compas esthétique est faussé et je me retrouve avec des trucs de ce genre et d’être pas loin d’en ressentir une certaine fierté…

En tous cas ça me fait rire et c’est déjà ça. Car sinon je rigole pas des masses.


Question concerts, je garde un œil semi ouvert sur la prog mais mes soirées sont souvent en vadrouille récup ou rangement, et ressemblent beaucoup à mes journées… quant à mes nuits elles sont courtes et agitées, mais pas pour les bonnes raisons.
Les inquiétudes matérielles et logistiques diurnes prennent des formes oniriques pour être sûrs que je lâche rien même avec les yeux fermés…je ne repose ni ma tête ni mon corps. Ça mouline, ça turbine et sinon ça découpe du papier bulle du matin au soir…
De la loose en barre meme si c’est pour la bonne cause.

Car cette semaine je suis retournée voir la maison avec la Z. On espérait la voir sous le soleil on l’a vue sous la grêle… bon…
Mais ce fut ultra chouette de prendre le temps. Les proprios ont été super chou et on a eu droit à la visite guidée du jardin point par point et plante par plante… et du garage et de tout l’outillage extraordinaire (et un peu de merdier aussi) que je vais récupérer avec la maison… le best of c’est la tronçonneuse, l’établi avec l’étau et le perfo de chantier, je vais installer des panneaux de basket et des modules d’escalade (pour humains mais aussi pour chats!) sur tous les murs porteurs que je vais croiser…
Je sais plus qui m’a dit que cette maison ça allait être Neverland. Bon concept. Je dois juste trouver le rohypnol pour les soirées pyjama. Et les pyjamas sont interdits de toutes façons. Le pyjama c’est le diable, je crois que je l’ai déjà dit et je répéterai s’il le faut…
En vrai, mercredi dernier avec les proprios (Rocco et Josy) c’était cool, une vraie transmission en toute bienveillance et bonne humeur. Je crois qu’ils sont contents que ce soit nous. J’étais contente de partager ça avec la Z… et j’étais vraiment super émue. Je suis sortie de la submergée d’émotion, comme un grand vertige positif et j’ai pas trop l’habitude de ce truc là… je gère « bien » la tristesse et la rage et la frustration, l’injustice toussa toussa, je leur bouffe leur race et j’en fais autre chose (souvent des blagues) mais quand de la sérotonine sauvage vient te taper un peu fort à l’improviste là il y a plus personne. Je sais carrément pas quoi faire de ce truc envahissant. C’est très inconfortable… je croyais pourtant faire le nécessaire pour que ça n’arrive pas ! (On va augmenter le niveau d’auto sabotage je crois que là ça suffit pas).
Mais il y a quand même des trucs chouettes dans ce stress, les barres de rire dans les ressourceries ou les vide greniers (merci mr B et madame C… je sais que vous êtes mes gars sûrs pour les soirées Karaoke ou les conseils déco… ), les chouettes rencontres au détour de platines vinyl ou de chaises en Formica du bon coin, les découvertes dans les quartiers qu’on explore pas d’habitude, et puis les potes qui te suivent dans tes galères et tes délires. (Madame C si je suis mise sous tutelle je saurai néanmoins que ça vient de toi, et je persiste à dire que cet achat de four à émaux est totalement justifié car un jour je vais m’y mettre!)
Alors voilà, je suis sur ma route, sur mon trajet de TER qui m’amène vers une certaine liberté, celle de tout laisser derrière moi et de me faire surprendre par un nouvel environnement. Dans lequel je déballerai toutes les merdouilles glanées ces derniers temps en ricanant… au pire ça me donnera l’occase d’organiser une gratiferia de crypto-bobos proto-ruraux.
J’ai envie que les gens arrivent à se sentir bien chez moi, mais le top ce serait que ca puisse s’appliquer à moi aussi, et j’aspire à réussir à me poser. A me sentir en sécurité. Je sais pas comment je vais réussir à faire ça. Avoir une maison ne va pas suffire, c’est un bon début mais c’est de la pensée magique à 6 chiffres… Pour une fois dans ma vie j’ai vraiment envie de « faire ça bien » alors que d’expérience, la seule chose que je réussis avec panache c’est le chaos… j’ai envie de rien et tout à la fois… je sais pas si je veux être l’ermite ou le maire du village, la sorcière ou la princesse, Blair witch project ou Barbie a malibu(gey)… mais pourquoi choisir au fond?
Je vais néanmoins commencer par éviter d’avoir mauvaise réputation car c’est vite arrivé. Cette semaine par exemple j’ai eu un fail de dresscode et suite à une erreur de trajectoire je me suis retrouvée en manteau panthère et bas résille orange fluo dans un bus qui faisait la grande couronne des banlieues… l’impression de se faire cracher dessus avec les yeux c’était intéressant mais assez moyen. Le trajet était mega long en plus…
L’autre fail, mais moins grave, ce fut d’innocemment ouvrir une bouteille de ginger Beer préalablement secouée par un de mes charmants enfants… j’y ai gagné la coupe de Mary à tout prix et mon manteau panthère est ébouriffé rêche comme un muppet qui aurait séjourné dans la poubelle d’une backroom. évidement ils paieront pour l’affront. Surtout que maintenant que j’ai revu l’intégrale de jackass je suis pas à cours d’idée pour leur pourrir la life… (Même si j’aurais secrètement aimé être l’auteur et pas la victime de cette potachitude). Je vais me remettre aux farces et attrapes ils vont rien comprendre cette génération de fragiles qui savent pas ce que c’est qu’un paquet de chewing-gum gums avec piège à souris integré.
Là je suis dans un train qui me ramène à mon bercail moitié vidé et c’est tout chelou… je voudrais rester dans le train qui lui au moins avance… d’autant plus qu’on y jouit d’une certaine idée du luxe qui n’est pas sans rappeler les grandes heures de l’orient express… et j’exagère à peine…
