Bon malgré les endorphines musicales c’est pas super la frite. Comme toute addiction j’ai l’impression de n’en avoir jamais assez et la logistique et les contraintes budgétaires rendent ça compliqué… vu que ce que j’aime passe rarement en bas de chez moi (même si j’aime bien ce qui passe et ce qui se passe en bas de chez moi. (https://amicale.online))
Mon corps est entièrement voué aux cartons et leur déplacement intra-appartement et trans-départemental… ça prend du temps et du mouscle (j’ai pour vocation de me tonifier pour perdre l’O)…
Ma tête, quant à elle, est “all over the place” mais tout est sombre et compliqué. Le compliqué c’est l’organisation, prioriser les activités et les prises de tête, choisir quels emmerdes et trucs chiants tu veux vivre en priorité, quels trucs relous vont te rendre les semaines qui suivent un tantinet moins pénibles, ou t’attirer le moins de problèmes connexes … et c’est pas de la tarte au sucre aindinoise.
Le sombre c’est la période merdique qui s’éternise depuis 6 mois, les 50 shades of insecurités multithematiques, de ne pas pouvoir me projeter dans quoi que ce soit de joli et de sain et de bon pour moi, autre que ma fuite en avant vers la verdure.
Tout plaquer pour aller vivre dans une salade. Comme une vieille limace degueu. (Je partage avec ce gastéropode impudique un autre point commun essentiel… la passion pour la bière! Le voilà mon animal totem! Nous v’la bien!)
Et puis ce truc de se barrer, de vivre dans du plus rien, avec des cartons de moins en moins logiques, un lieu de vie qui disparaît et te flingue le moral à petit feu, et les rapprochements futiles ou tristes qui précèdent l’éloignement. Je trouve pas de sens à grand chose dernièrement. Je sais pas qui sera encore là quand moi j’y serai plus. Ni qui sera là où je serai. Et franchement j’ai souvent peur. Pas peur d’un truc en particulier mais plutôt une peur prégnante de jouer ma vie. Ou les quelques années qui me restent. Un jeu d’échec qui porterait bien son nom. (Et si tu changes une lettre à pion…)
Mais je ne doute néanmoins pas de mon choix. Il me fallait un reset. Quitter la partie pour recommencer un niveau en changeant les paramètres du perso. Ce qui marche dans les jeux vidéos marche forcément dans la vie! Si ça se trouve c’était juste une question d’accessoires… j’ai la ferme en ferme intention de récupérer mes points de vie! Et au pire je triche, d’ailleurs, comme le disent ces chers Adam et Kimya “just because we use cheats doesn’t mean we’re not smart!”.
Et puis heureusement il y a la musique et les concerts. Grosse séance nostalgie cette semaine avec Built to Spill a Geneve (la groupie est ravie même si niveau enthousiasme, communication et générosité c’était ultra bof) et les Moldy Peaches (que je veux suivre toute ma vie en tournée même si je dois me faire rouler sur les orteils par Kimya Dawson dans son petit chariot wallmart ad vitamin eternam) à Londres…
Londres, bordel … pour rajouter encore à la nostalgie, avec le spectre de mes (très) jeunes années pile à ce moment de ma vie où je ne vois plus de moi que péremption dévolution et décomposition…

Ça brasse un peu… surtout sur le contexte de tout le reste. Vu qu’il reste aussi peu et tellement trop à gérer à la fois.
Mais peu importe. Il y a du soleil, des orages spectaculairement esthétiques, des tronches sympathiques et de bonnes âmes, de la boisson caféinée ou houblonnée, j’arrive encore à rire et à dire des conneries, même à travers mes larmes et même s’il me semble audacieux d’espérer que tout se passe bien je garde la saleté d’espérance que tout soit pas complètement foutu…
Je suis juste très fatiguée d’en chier autant… c’est pas dans tous les contextes que c’est vraiment super quand c’est dur et que ca dure.
Alors en attendant ma suite j’use de stratagèmes connus et ultra mainstream d’anesthésie cérébrale. On peut tout à fait faire taire l’angoisse avec des degrés d’alcoolémie, les pensées parasites avec de la musique sauvage, les digressions nocives avec de la BD de qualité et la cogite avec des cystites (mouais…).
Je vais écrire un livre de développement personnel. Vous me direz si ça marche.
Chez moi le remède miracle à la morositose anxio-contextuelle reste de dire de grosses bêtises avec mes srabs… (devant des pintes ou des cafés, peu importe!) merci pour vos blagues à 2 euros et “d’avoir la connerie”… c’est une vraie qualité!
Voila …je retourne à mes cartons et cabas de bledarde, mes boîtes a colifichets et mes sacs poubelle… vivement les gravats, la terre sous les ongles (les quoi?) et la peinture sur les doigts.