J + 30 et des bananes et je ne regrette (toujours) rien… j’ai enfin trouvé une bulle dans laquelle je peux m’activer. Un coin en sécurité ou je peux aussi rester en mouvement… et du mouvement il y en a.
Mais ça peut arriver que je me pose 5 minutes dans un transat… comme quoi on est pas au bout de nos surprises. (faut dire aussi que j’ai un mortel transat qui, sur ma terrasse, fait un écho aux allures de bras d’honneur au maousse drapeau franco-français des voisins…). (J’ai vu un drapeau Israélien lgbt sur Ali express et j’avoue que j’ai été à 3 doigts de l’acheter mais un doigt d’honneur mental ça coûte moins cher.)

J’ai des journées sereines…
Si l’on s’abstient de prendre en considération le stress et les imprévus des travaux, la frustration du “ça va pas assez vite”, l’effondrement budgétaire (même si je participe hyper-activement à la vie économique locale car Weldon Hauteville est en train de construire une nouvelle aile à mon nom… #le bricolo-mécènat c’est moi!), la panique administrative (c’est quoi le fétiche de la fiche à remplir dans ce putain de pays?!)… voilà… malgré tout ça eh bien je suis contente de me lever le matin.
Rien à voir avec le fait que je dorme sur un chantier.

Je suis contente de voir le soleil émerger de derrière sa (MA!) montagne, d’aller arroser mon potager (astuce jardinage et gratuite spéciale Bugey: j’ai capté qu’avec les nuits fraîches (on s’est levés avec du 10 degrés en juillet et j’ai une témoin) mieux vaut arroser le matin pour pas que ces gros fragiles de légumes se caillent les racines la nuit!), de voir petit à petit ma maison prendre la forme qu’elle avait dans ma tête (avec des plus et des moins), de recevoir mes potes et de voir qu’ils se trouvent bien ici (merci mr H d’avoir trié ma cave avec du post-it d’expertise œnologique)…


… et de découvrir le coin, en solo, avec les vieux potes ou les nouveaux ou anciens indigènes…






















Ainsi que les traditions locales…

Contente du gros soleil et des magnifiques orages, contente d’avoir extrait mes bouquins des cartons quand il fait gris, contente de faire tant de trucs pour me permettre de me poser à “rien” faire (genre) plus tard quand il fera froid… (enveloppée dans ma nouvelle acquisition , la couverture pondérée peluche, 7 kilos de calin qui te plaque au sol…)
Voila… alors sinon j’ai des cals de ponceuse et de pinceau, je peux désormais marcher pied nu sur du gravier (le phénomène trop méconnu de fakirisation bugiste), et je passe mes journées à genoux pour les mauvaises raisons mais ça va. (Rassurez vous pas de cals entre mes cuisses et mes mollets car j’ai pour cela un super accessoire, la genouillère en mousse rose!)

Et puis sinon je me baigne souvent, je bouquine un peu, je prends viteuf le soleil, je récolte mes herbes et mes courgettes, je vais au café avec misfit le matin et je zieute des oreilles les conversations autour de moi pour appréhender mon nouvel environnement, ou alors je reste dans ma bulle et c’est bien aussi…
Je suis pas en mood ultra social, je suis pas en mode “cherche copains”, je laisse faire et j’aime vraiment bien être ici.
J’aime autant mes journées solo que celles où j’ai de la visite. Je crois que je me suis auto envahie trop longtemps en ville et ça me fait du bien de “retomber”… même si je fais rien de ce qui me caractérise (je crois) aux yeux des autres j’ai l’impression que je suis tout à fait moi même… sans les bars, les potes, les cafés et les sorties… comme quoi…
J’arbore quand même mes pins ou mes colliers chelou mais le look s’est shlaghisé car et d’une : je sais pas où sont mes fringues, et de deux : je fais les travaux, et de 3 : il faut pouvoir tout enlever rapidement pour se coller dans un transat alors bon, la Fashion week quotidienne barbie trash de la Guillotiere c’est momentanément terminado.
Je me rhabillerai en hiver. Parti comme c’est parti ça va être legging et polaire… Damned je vais me faire renier par le sentier qui m’a vue grandir…
D’une certaine manière ici je retombe en enfance, en étant livrée à moi même toute seule dans un jardin, mais sans le sentiment de solitude du manque des autres. Et sans le mercurochrome sur les genoux…
Comme une boucle bouclée…en bien.
Mais qui suis je pour parler de boucles avec mes cheveux?!
(Je vais d’ailleurs bientôt devoir demander aux brigades vertes de s’occuper de mon undercut vu qu’ici les coiffeurs ça court pas les rues…)
Bon, je retourne vernir aspirer et poncer, pas forcément dans cet ordre là mais c’est l’idée générale… et j’ai Jean-Alphonse Richard en fond sonore qui m’inspire chaque jour un peu plus vu que j’ai cramé mes empreintes digitales au xylophene cette semaine et que ce serait ballot de pas en profiter…