La rentrée (ou pas)

Ca sent vraiment le septembre… les feuilles roussissent, les jours raccourcissent, le soleil se lève après moi, et tous les gamins ont disparu des rues, notamment les miens.

Ca y est c’est fait, mes deux derniers éléments de progéniture ont chaotiquement repris les chemins sinueux de l’éducation que voudra bien leur donner le Lycée du Bugey…

Car il peut pas tout miser sur son physique…

Cahotiquement, car jusqu’au bout on savait pas si le jeune C était accepté. On attendait la réponse depuis juillet…et malgré les mails et les appels ben rien… du coup il s’est pointé avec un 4 couleurs et des feuilles au kazoo… pour découvrir qu’il était pas (encore) inscrit au lycée mais qu’en toute improbabilité un lit lui avait tout de même été attribué en internat…

Job pas super synchro donc, mais issue heureuse… et course poursuite pour aller acheter son trousseau et récupérer ses effets personnels pour sa rentrée quelques heures après la Z.

C’est tout chelou d’être séparée d’eux après cet été à se réinventer tous les trois sous d’autres cieux (très étoilés et peuplés de chauves souris et de chouettes)… mais l’équipe a l’air bien cool et même moi je dirais pas non pour aller faire des soirées pyjama avec eux.

La soirée pyjama c’était d’ailleurs quasi le thème de cet été… cette maison portes ouvertes et ce va et vient de copain.e.s pour quelques heures ou quelques jours, qui se croisent, se retrouvent ou se rencontrent et qui en tous cas se marrent bien et c’était un peu l’idée de cette maison.

Ces deux derniers mois ce tas de brique à la toiture en gruyère et l’électricité pyrotechnique aura été dûment baptisé dans la bière et les fou rires…

C’était l’idée. Ça le reste.

Alors merci aux habitués, aux occasionnels, aux éphémères et aux quasi locaux… (Quand Jean-Louis du grand café connaît ton prénom c’est que tu es citoyen honoraire, c’est comme ça.)

Et les autres vous attendez quoi? Qu’il fasse nuit à 14h? (il faut que je fasse l’appel?!)

Bref… voilà ça sent la rentrée quand même…

Du coup le challenge Bugey va enfin commencer. Jusque là c’était easy. L’été, le combo quotidien travaux, potager, barbecue, rivière, avec option potes, les anciens ou les nouveaux (oh les cuites! J’ai pas le niveau!), la decouverte, le soleil…

Là il va falloir commencer la vie la vraie, ce truc abstrait que j’élude ou dont je fais savamment abstraction. Alors que c’est peut être ça depuis le début. Ou pas. Va savoir.

La météo nous a gentiment organisé des simulations d’automne perave avec 15 degrés et des trombes de pluie, qui m’ont mis un peu la press pour finir les travaux et être « bien dedans » pour pas marcher sur des gravats dans ma chambre quand la terrasse sera givrée…

Et puis j’ai hâte aussi de me poser et d’avoir du temps pour mon cerveau. Je l’ai bien malmené ces derniers temps, comme un enfant qui quémanderait qu’on le nourrisse et à qui on répondrait un magistral « Ta gueule! ».

Et j’ai vraiment mal partout… en plus du tesson de bouteille que j’ai décidé de pas enlever de mon pied par flemme d’aller consulter, je me réveille avec mal aux articulations des mains d’avoir tenu des ponceuses ou des pinceaux… j’ai perdu 3 strates de peau sur les genoux, j’ai des bleus et des griffures quasi partout… et le cerveau fatigué de se réveiller quand il faudrait faire tout le contraire…

Et pourtant ça va pas mal. Je suis dans une bulle… toute verte avec du soupçon de orange saisonnier et du ciel bleu (et des murs fuschsia)…

Rose pavane et rose rumba plus exactement

Mais je sais que la reconfrontafion au monde va pas être facile et ça va faire à nouveau rentrer en scène toutes mes ambivalences et angoisses… ma peur du rejet, mon auto-sabotage, ma méfiance naturelle (qui a dit condescendance?!) et mes trops divers et variés et jamais synchronisés… je crois que ces trucs là sont venus dans les cartons avec moi… et je sais pas comment le Bugey est armé pour accueillir ça…

Mais en tous cas en ce qui me concerne, maintenant les armes c’est une seconde nature…

Ma première fois c’était sous l’orage et de nuit… bon j’ai raté tous les tirs mais je vais m’entraîner pour l’année prochaine…

Je dois néanmoins avouer qu’au ball-trap d’Evosges l’ambiance était tendance Deliverance à facholand… et que même si on a bien rigolé … bordel … les réflexions… et le taux d’alcoolémie autorisé /encouragé pour des gens qui portent des fusils de chasse chargés…pour ça non plus j’étais pas prête…

Pas super ready pour une quelconque « reprise » non plus… et d’ailleurs je reprends rien et je rentre nulle part. J’ai rien de prévu ni de construit ni de planifié … à part finir mon ponçage, mon perçage, mon montage et la peinture… puis de réévaluer l’ampleur du chantier…en portant par exemple des accessoires de protection…

Bukkake de minotiers ou activité placo?

Mais aujourd’hui, posée à côté de la rivière, en mode électrifiée de froid/chaud après la baignade, j’avais avec moi un animal content, un bouquin previsiblement bien, le soleil… et même si j’étais crevée entre deux séances de pluie de plâtre et que je sais rien de la suite … j’étais juste tranquillement happy…

Autant c’est l’effet potager et fromage de producteurs … j’ai la bactérie souriante!

Fait frette quand tu rentres

Quoi qu’il en soit ça fait bien du bien…

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