Aujourd’hui commence le challenge de « l’été c’est fini, va falloir assumer ma p’tite cocotte! »… il a oragé au désespoir toute la nuit et ce matin on a dû allumer les lumières car le ciel avait disparu… en emmenant la montagne avec lui. (Si il pouvait prendre aussi les chasseurs…)

Ça va être un peu chaud car misfit, mon animal canin a aboyé 45 minutes sur le reflet de la lampe à l’extérieur… (j’aime à penser que c’est son côté écolo mais je la soupçonne de pas être ultra futée…)
Matinée dark, alors que pourtant le mood ne l’est pas trop. Perso a part deux ou trois trucs existentiels que je me traîne et le pack de névroses de base ça va. Je vaque quasi sereinement à mes petites occupations.
Je suis plus en mode saoulée… (pas saoule hein… en tous cas pas là présentement, même si je ne nie pas que ce sont des choses qui peuvent arriver… surtout ici).
En ce moment je suis speed. J’arrête pas même si 79% de ce que je fais ne sert à rien. (customiser des chaises dont je n’ai pas l’utilité, Peindre des étagères invisibles, des micro bouts de trucs, coller des facettes de miroir sur des objets improbables, asperger des dinosaures de rose fluo « DDE », encadrer des trucs qui iront nulle part…). Je Bizzaro-nidifie.
Ça me fait du bien d’improbabiliser mon intérieur. Plus c’est chelou et coloré plus je me sens chez moi.
Du coup j’ai de grosses journées. Pourtant la nuit je ne dors pas. Encore moins que d’habitude, mais comme je ne ressens pas la fatigue c’est tout à fait ok.

Ici tous les fragiles ont été malades et j’ai vu mon tour arriver, j’ai même invité une Z pleine de miasmes à partager mon lit et suer sa fièvre et ses microbes sur mon traversin en me disant que si je chopais la crève j’y gagnerais au moins un peu de repos/répit… je m’étais même préparée en achetant du jus d’orange et du gingembre et en faisant un brin de ménage au cas où il faille faire venir une ambulance… mais rien. Même pas une fatigue passagère.
Soit mon corps me prépare une grosse surprise à la sauce Léon Berard soit je suis trop solide pour moi même…
Bref je suis saoulée car je suis bien.
Je vais développer sinon ça a l’air chelou dit comme ça.
Ces temps ci j’ai l’impression que mon enthousiasme intérieur ne matche pas forcément avec mon entourage. Tout le monde est fatigué, tout le monde se sent vieux, tout le monde a peur pour le monde qui part en couille, tout le monde est vénère à cause de Gérald Moussa Darmanin et ce trou de balle de Wauquiez et consorts et même si je suis ultra d’accord j’ai quand même envie de rire (d’eux déjà…) . Et de voir des gens qui sourient. Et de dire des conneries. Et surtout d’être avec des gens qui sont contents d’être la.
Noir c’est noir, oui on est bien d’accord mais je veux quand même mettre des fringues fluo et rigoler un peu avec mes srabs.
Car le constat c’est que les interactions que je tolère vont se limiter grosso modo à 4 configs : – qu’on me foute bien fort la paix (donc c’est déjà pas trop une interaction),
– apprendre des trucs (possiblement qui m’intéressent, mais selon le talent d’orateurice tout peut être intéressant),
– parler de sujets qui me tiennent à cœur et où je vois que ça saoule pas trop les gens et qu’il y a du partage et de l’enthousiasme,
– avoir de vraies conversations sincères, organes de type cœur ou couilles sur la table, sans ego ni retenue,
– dire des énormes conneries et ricaner (mais c’est aussi possible en apprenant des trucs ou en se parlant en vrai et ça c’est le top mais on peut pas trop en demander, je sais).
Mais combiner le marasme météo a la sinistrose psycho-socio-contexto-affectivo-dépressive ça fait beaucoup… et la j’ai pas/plus envie de ça. En tous cas ça me fait pas du bien…
Ça me gonfle. Comme d’aller au ciné et découvrir que Marion Cotillard joue dans le film.
Les derniers 18 mois ont été rudes. J’ai déplacé des montagnes à l’intérieur de moi même (sans parler du déménagement et du reshuffle de vie). Tout ça m’a demandé beaucoup d’énergie, tout ça à généré des changements, des trucs se sont cassés , d’autres je les ai démolis à mains nues, des engrenages ont rouillé, il manque des pièces essentielles mais moi je remarche.

Alors des fois je peine à comprendre les gens qui font rien pour que ça change mais qui sombrent petit à petit et qui attendent passivement le miracle, ou la bonne personne (c’est pareil), ou le bon moment, ou l’alignement des planètes, ou juste d’avoir l’énergie… alors que agir, consulter, acter, réagir même avec de toutes petites choses c’est déjà se redonner de l’énergie… (je vais écrire un livre de développement perso qui va s’appeler «Frero sors toi les doigts »).
Je sais bien qu’on fait ce qu’on peut et je veux pas passer pour une ayatollah de la psychiatrie mais la souffrance passive çà me fane… (la souffrance hyper active en revanche c’est mon dada!)
Et avec ce nouveau seuil d’intolérance je me sens égoïste et pas cool, mais j’ai pas fait tout ce p****n de chemin dans les ronces pour vivre des dépressions qui sont pas les miennes. Je veux bien être là, je veux bien entendre, je veux bien comprendre et même accompagner mais je veux pas me mettre au diapason d’un tempo mortifère ou d’un requiem qui m’appartient pas. Je garde mon syndrome d’imposteur pour autre chose!
Et j’ai accompagné des dépressions vraiment trop longtemps… parfois jusqu’à penser que j’en étais la cause (spoiler: l’histoire a révélé que non…)
Et je dois avoir un côté Bob l’éponge car j’ai absorbé et absorbé mais là il y a un truc qui veut plus. Et qui devient vénère. Et même si je ne me reconnais pas car je me trouve pas « gentille » je crois que c’est positif… ou en tous cas que tout un tas de meufs empowered et feminiminiministes approuveraient en applaudissant des deux mains. (Et mon psy aussi).
Dans ma tronche c’est pas l’ode à la joie tous les jours mais c’est géré… et si je décide de voir des gens j’y vais avec le sourire, pas la sinistrose contagieuse…
Par contre je suis pas naïve au point de pas être consciente que mon ego foireux et ma confiance en moi atomisée me font penser que c’est toujours au moins en partie de ma faute si quelqu’un sourit pas… et c’est aussi pour cette raison que je m’efforce de pas faire vivre ça…
Du coup je sors pas des masses et j’évite de m’imposer aux autres si ça va pas, car je peux facilement regretter d’avoir quitté ma bulle glitter pleine de musique trop forte si en face les yeux rigolent pas ou si ça small talke. La vie est trop courte pour ça.
Bref je me plains encore là non? Oui et non …
Mais dire que t’es bien à la campagne c’est un sujet tabou en ville, ou les gens croient que tu te ments à toi même et que tu fanfaronnes alors qu’en cachette tu pleures des larmes de sang en regardant les progs de concert et les horaires de cinéma (et de bus). (En vérité je pleure qu’en regardant celles des bus j’avoue)
Mais non, j’assume, je me suis même acheté des polaires et des bottes en caoutchouc (chromées car faut pas deconner). Et les concerts il y en a et il y en aura. Je suis pas inquiète.

Des trucs à faire genre finitions relous, branchements de câbles, étagères et lustres à poser et rangement « real life related » aussi …
Mais là ma priorité c’est d’aller finir le panier imprimé panthère et zèbre de misfit (c’est elle qui a demandé… ouais elle est bizarre) et coller des dinosaures fluo sur les murs.

Une diva du haut bugey