Bien dedans

Bon on peut déclarer la saison froide et pluvieuse ouverte, la tartiflette et la raclette sont désormais non seulement légitimes mais nécessaires, l’utilisation du chauffage est justifiée, le collant est désormais légalisé, les polaires sortent du placard et on est à trois doigts de dégainer les gants et les bonnets (bulletin météo: comme si la drache constante ne suffisait pas, la neige est arrivée dans le département! Pas chez nous POUR L’INSTANT, mais vraiment pas loin non plus….)

Et pourtant c’est pas glauque. Même sans soleil, même carrément dans la brume, même sans les copaines, même avec la nuit qui déboule à 17h30 dans mon fond de vallée…et même si je ne possède pas (encore) d’objet permettant la combustion de bûches pour un effet à la fois romantique (what for?), relaxant et thermiquement intéressant.

En effet, avec le bon éclairage et la bonne température mais surtout avec des playlists bonmoodogenes on peut tout à fait réussir à être pas trop mal du côté intérieur des murs. Et c’est chouette, c’est cosy, c’est confort, malgré les finitions en attente qui me crèvent un peu les yeux.

Après la terrasse cet été vient donc le tour du salon de recevoir des invités… Et c’est forcément plus intime que de recevoir les gens au jardin.

Mon dedans de maison est plus révélateur que ma terrasse approximative avec les meubles de jardin des anciens proprio.

Cet intérieur, d’un côté j’aime bien la tournure que ça prend, et d’autre part, tout comme ce que je suis, et comme tout ce que je suis, quand il faut assumer il y a une espèce de timidité bizarre…

Genre ça…

Comme si ça dévoilait trop de moi d’un seul coup, une partie peut-être encore plus privée que ce qui dépasse du look et de ce qui sort de ma bouche. Un portrait en creux décoratif. La galaxie lointaine qui va avec la planète bizarre.

Du coup c’est un peu comme de me foutre a poil et des fois je prends des bouffées de pudeur à me surexposer ainsi.

Et comme tout dans ma vie c’est jamais assez bien et c’est jamais vraiment abouti.

Pourtant pour l’instant j’ai eu (en face) que des retours positifs, on me parle de bonnes ondes, d’ambiance chaleureuse et d’une maison qui me ressemble, ce que je sais jamais trop comment prendre vu le chaos maximaliste en termes de style mais aussi de bordel…(dont je suis bien consciente… et en ce qui concerne le chaos sachez que c’est davantage un non choix qu’un postulat stylistique)

Ce qui me fait très plaisir en revanche c’est que les gamins ont l’air d’aimer aussi même s’ils ont opté pour des decos beaucoup plus sobres…(booooring!). Ils demandent des photos pour montrer à leurs potes, ils investissent les lieux et ils m’accompagnent dans le délire avec beaucoup de bienveillance (et toujours une pointe de moquerie. Obviously.)

Alors oui c’est peut être vrai que ça me ressemble : il y a du trop partout, du rafistolage en attente, des trucs qui dépassent, des courants d’air froid, des incohérences et dissonances, des recoins sombres, c’est pas vraiment dégrossi, parfois les artifices sont un peu puérils et on peut se prendre les pieds dans du bordel qui traîne à tout moment… mais c’est accueillant (je crois) et plein de trésors cachés il faut juste prendre le temps de découvrir un peu…

Alors cherchons. Moi aussi je cherche.

Bref… c’est encore pas fini, il y a encore des couleurs à choisir, des étagères à monter, des livres à aller récupérer et de la déco à inventer et à bricoler de toutes pièces…et c’est vraiment la partie la plus exaltante de l’installation. Concrétiser l’imaginaire, matérialiser les inspi, même si c’est avec les moyens du bord et l’équivalent déco d’un budget de gonzo.

Tu l’as-tu la ref?

Et si la qualité exécutive laisse parfois à désirer, j’éprouve une vraie satisfaction a me débrouiller toute seule pour la partie déco (mais prenez quand même un vogalene avant de regarder mes mosaïques. No joke)

C’est un peu mon brouillon pour la prochaine maison… je m’amuse, je me fais la main et j’apprends de mes erreurs… comme la vie quoi! Sauf qu’à priori celle ci j’en aurai pas deux!

Et faire ça solo aux manettes c’est du free ride assez jouissif, pas de concessions, pas de freins, (sauf ceux de la banque), pas de tempérance… je peux laisser libre cours à ma dinguerie et c’est cool… j’avais envie de ça. D’être enfin chez moi. D’y aller franco … quitte à rendre le truc invendable. Balek. (#contreinvestissmentimmobilier)

Et puis là avec le froid et le mouillé, j’ai tout l’été qui retombe. J’ai pourtant des journées trop courtes avec 3000 micro activités mais si on me demande ce que je fais en ce moment je me retrouve un peu confuse à pas trop savoir quoi dire. Me reconstruire sans doute, pour rester dans le thème du bâtiment et de la bricole. Voire même me construire tout court. Enfin.

Et je mets littéralement des paillettes dans ma vie.

Surtout, et pour la première fois depuis des années j’écoute mon propre rythme. Il est chelou ce rythme, sans doute impossible a retranscrire musicalement. Comme un tempo très rapide mais sans vraies notes ni mélodie, avec une grosse amplitude sonore. Et des couacs. Je suis un morceau expérimental bruitiste. Et j’aime même pas ça.

Aucun raptor mais ça m’a fait rire

Bref, il est 6h du sbar, j’ai très peu dormi (même si ma chambre est l’une de mes pièces préférées ça fait pas mieux dormir en fait), il drache sur mon velux, mais je suis contente de commencer ma journée (au programme peinture et rangement et hot date avec le chauffagiste pour remettre la chaleur dans les radiateurs, activité découpe de baguettes et pose si je suis en forme … et tout ce qui viendra se greffer par surprise et qui constitue souvent le gros de mes journées…) (update: en fait je suis allée au restau et voir une cascade sous plusieurs angles sous le déluge et c’était plus drôle que de couper et mesurer des baguettes)

Hey ho let’s go!

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