Flemme d’être

Aujourd’hui est un jour où je me fatigue d’être moi. Un jour ou j’ai envie de 10000 trucs mais je me sens incapable d’amorcer les mouvements… ou je commence tout mais je ne finis rien, ou même sur/caféinée j’ai le cerveau lent, du coup plutôt volatile…ou ma tête va trop plus vite que mon corps, ou mon corps est en décalage avec les kilos qui l’enkystent et le plaquent au sol, ou la volonté ne survit pas à l’apathie…

J’ai atelier d’écriture cet aprem mais grosse flemme et fatigue organisationnelle de me taper 40 bornes en stop sous la bruine même si ça me ferait indubitablement du bien et des anecdotes cocasses à raconter, j’ai un train à 17h et des bananes et ça va me prendre la journée en trouille de le rater pour au final le choper in extremis en courant sur la nationale pour sauter dedans car il est arrivé avant moi a la gare (ça arrive à chaque fois…), je dois mettre une culotte et des chaussettes dans un sac à dos pour ma nuitée a Lugdunum mais dans ma tête c’est comme de me préparer à un trek de 6 mois (le plus long en vrai c’est la BD a choisir pour le train) et je le ferai sans doute quand je serai déjà en retard, j’ai 12 machines à faire mais à la place j’ai retapissé des étagères de wax et commandé des figurines miniatures pour train électrique (je n’ai pas de train électrique), je crève de soif alors que j’ai abandonné un litron de thé et une tasse de café en route quelque part dans la maison en oubliant d’y toucher, je SAIS tout ce que j’ai à faire et ça m’écrase mais amorcer toute action utile est inenvisageable… comme si c’était perdu d’avance car les journées n’ont que 24h, les semaines n’ont que 7 jours et ça ne (me) suffira jamais alors à quoi bon commencer s’il faut s’interrompre, s’il faut laisser la vraie vie interférer avec mes activités décalées, s’il faut subir le mépris de la réalité dans mon emploi du temps alternatif… autant lâcher tout de suite et succomber au duo infernal inertie physique et suractivité mentale pour tout analyser mais surtout ne rien accomplir (a part des étagères en wax)…

Je compenserai sûrement ça plus tard en exécutant 6 jours ouvrés de taches domestiques et utilitaires en deux ou trois heures (sûrement nocturnes) mais la je me sens lourde et … pas fatiguée, (jamais fatiguée!) mais lasse, et molle… blasée…

J’ai envie de trop de choses mais mes journées sont trop courtes avec cette chienlit de vraie vie au milieu. Ça me bouffe trop de temps de pas pouvoir exister que dans ma tronche.

C’est sur que c’est pas en faisant des machines et en passant l’aspi que je vais glaner de la sérotonine… et j’ai cru comprendre qu’on peut pas que s’amuser ou faire des trucs fun. (Sans déc?)

J’aime bien ce groupe

Juste exister me prend beaucoup d’énergie.

Hum…

Depuis que je suis ici ma vie c’est un peu moins les X games et je suis globalement et contextuellement plus sereine… mais j’admets tout de même avoir du mal avec la douceur et la facilité… des fois ça me prend beaucoup de jus d’être tout le temps sur ce fil, assez coupant… et ceux-qui-savent savent que les coupures ça fait entre du bien et du mal. Ce rapport à la vie perpétuellement entre douleur et plaisir qui semble disqualifier d’avance tout type de tranquillité que ce soit de corps ou d’esprit…comme si il fallait les deux pour atteindre une certaine sorte d’équilibre. (Est ce que c’est lié au sentiment de mérite? D’illégitimité au bonheur? De vieille croûte de judéo-christianisme pas décollée de ma psyché…ou de la neurodivergence diagnostiquée… est ce que ce bordel est dissociable de mon identité? Va savoir )

Bref… je vais commencer par décoller la moquette marron degueulasse du plafond (ceci n’est pas au sens figuratif) au cutter puis j’irai écrire un article sur un sanglier blanc (la nature, le bugey et ses créatures mythiques toussa toussa…) et ça me fera déjà une bonne excuse pour pas vider le lave vaisselle.

La domesticité ce sera (encore) pas pour aujourd’hui.

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