J’aurais aimé pouvoir vous raconter que suite à un magnifique voyage initiatique j’ai (re)découvert de quoi j’étais capable et ai retrouvé le goût à la vie… que je me suis surpassée et enfin realisé ce qui compte, que je me suis émerveillée et que j’ai réappris ce qui était vraiment important….
Mais voilà c’est pas le cas. Plutôt même le contraire en fait.
J’ai juste appris que j’ai plus grand chose à ma portée.
Ça faisait un moment que j’y pensais en dilettante, mais hier j’ai enfin réussi à me motiver pour une destination autre que la clinique ou la morgue… me sortir les doigts pour sortir la tête du trou…
Sauf que vu le budget et les conditions je suis pas partie un an, ni un mois, ni une semaine mais 24h.
26 pour être exacte.
Et ouais c’est déjà pas mal vu l’énergie et l’ambiance…
D’autant plus que marcher est globalement tout ce qui matche avec le bilan fiscal et ma condition physique… alors bon, je me suis dit, tiens, petite rando avec vue, pour reprendre confiance, prendre de la hauteur, prendre l’air… et autres inepties feelgood mes couilles…
On me confie donc généreusement les clefs d’un appartement à Sallanches…(merci)
Je débarque du train, je me repère, (oui bon c’est pas une mégapole mais j’arrive de Tenay où il y a 4 rues) … je trouve, je visite, je m’imprègne de l’ambiance sport, testostérone et esprit sain/corps sain du lieu… (tisane au curcuma et matos de haut niveau!) et me voilà prête à conquérir le terrain … mais en passant toutefois d’abord par la mercerie « le fil d’or »… qui selon gougle est fort bien achalandée… (oui voici la personne que je suis devenue).
Me voilà donc à déambuler dans Sallanches la tête en l’air car les MONTAGNES ! Et la lumière post orage qui change toutes les 40 secondes… bref… c’est chouette.

J’achète des petites pelotes de coton et 2m de toile cirée psychédélique (achat impulsif mais du cœur), puis comme il fait beau et encore jour je me motive pour marcher un peu plus loin que downtown Sallanches.
Je me lance sur la petite rando « familiale » recommandée par l’office du tourisme avant de dîner et me pieuter vu que je suis clairement pas là pour bambocher.
Je m’y lance en touriste, et en Stan smith.
Effectivement c’est joli. C’est du bord de route (je me trompe de 3 km mais bon c’est pas grave) mais bien entouré de montagnes et petits lacs et champs… tout va bien.





Mais sur le retour ça coince. Mon pied hurle… genre crampe de pied genou cuisse… je presse le pas mais en vrai pas moyen d’appuyer le pied. Que j’ai pourtant ni bugné ni malmené… bon… je flippe un peu mais je me dis ok, j’ai pas mangé ni bu, je fais plus beaucoup de sport… et je viens quand même de me faire 15 bornes en 2h et des brouettes, avec des pompes tout justes bonnes à jouer au tennis il y a 40 piges… alors autant c’est « juste ça ». Mon corps qui fait son intéressant…qui réclame des kilos en moins, une nourriture adaptée et des accessoires du vieux campeur. C’est un caprice, je vais l’ignorer, (mon corps et moi on est pas dans l’éducation positive)…
Je m’alimente donc viteuf dans un troquet qui a le mérite de se trouver sur ma route, puis me douche et je me couche, pleine d’espoir de me réveiller intacte. (enfin moins pire que la veille déjà…)
Eh ben sachez que ce matin j’ai même pas pu marcher jusqu’à la boulangerie. Trop mal…mon corps m’a rappelé de revoir à la baisse jusqu’au fait de mettre un pied devant l’autre. Ouais ça recadre un peu… sur une estime de soi déjà fragile se faire recaler sur la marche de premier niveau ça te remet un peu dans la tronche ta piètre condition humaine et physique. (et pire… bien pire aussi)
Du coup remplie de dépit (et de lamaline) j’ai quand même traîné mes groles (de rando cette fois ci) à « cham » ce Disneyland de la haute montagne pour boire un Dirty chai à 5 euros90 et voir défiler toutes les nationalités dans un camaieu de niveau de performance, de fashion et de m’atuvuisme allant du routard aventurier à l’oligarche de terrasse…

Mais c’était un bon move car le trajet en petit train rouge des montagnes était vraiment magnifique, probablement un des plus beaux de ma vie, vertigineux et cinématographique à souhait, et l’arrivée, même dans ce décor en carton pâte, elle te scotche quand même un peu…

Alors j’ai claudiqué tranquille (quelques kilomètres “comme même”) jusqu’à un petit lac et je me suis posée… truc que je fais rarement. Ça aura au moins servi à ça…(et à lire 300 pages de mon polar)




Et puis voilà… me rev’la. Dans la même merde psychique mais avec un pied perma-crampé que je peux plus poser entièrement (et un look de scène de crime car j’ai saigné du nez dans le train)… mais avec une jolie nappe.

Et quand même envie de repartir d’une manière ou d’une autre. De sortir des échecs à répétition… ou d’avoir le courage de sombrer. Mais là, l’entre deux c’est pas confort. (Et je vous dis pas à cloche pied).