Summer, almost gone

Je suis en train de me faire passer dessus par l’été et je me laisse faire sans me débattre.

Je voulais ranger, j’ai pas rangé. Je voulais bricoler, j’ai pas bricolé. Je voulais m’isoler, j’ai pas réussi, je voulais partir, je suis pas partie… et je voulais me poser et bien sûr ça c’est de la science fiction.

À la place j’ai brassé de l’air, pris des vents, bravé des tempêtes (intérieures), mais sans m’envoler nulle part.

La gravité pondérale et psychique de la situation me cloue au sol. Toute mon énergie passe dans des activités qui ne me concernent que de très loin et ne vont profiter qu’à d’autres entités. Une fois vidée de mes idées, de mon énergie et de ma batterie sociale il ne reste plus grand chose pour mon propre avancement… ni même pour un statut quo émotionnel potable.

Ce qui me donne une formidable excuse pour ne pas me concentrer sur les travaux en cours, matériels, psychologiques, personnels ou autres…

Tout ce que je fais contribue à ce qu’il ne reste rien. Hop un sourire scotché dessus et ça passe crème. Le délit de délitement se passe en privé…the show must go on…

Vivement que ça cesse quand même.

J’ai vraiment besoin de vide… et globalement qu’on me foute la paix. Besoin à nouveau d’avoir le choix de positionner mes idées et mes interactions comme je le souhaite et de donner plutôt que de me faire dérober des morceaux de moi. C’est un apprentissage et je suis très mauvaise élève… le bonnet d’âne de la préservation de soi. Et ça me rend très misanthrope. (Encore plus que d’habitude en fait, ce qui est pas peu dire!)

Je découvre aussi des fonctionnement sociaux auxquels j’avais jusque là échappé, et malgré quelques bonnes surprises tout n’est pas joli joli. Les enjeux mondains et les simagrées sociales ça me débecte presque autant que les andouillettes (juste un exemple hein…). Les stratégies de positionnement et de pouvoir dans un contexte rural c’est d’un ridicule presque grotesque. Enfin bon, peut être que c’est mon côté punk … en tous cas je reste convaincue d’avoir bien fait de pas être rentière de pseudo jet set et d’avoir laissé cette caste derrière moi. C’est pas pour reproduire la même fuckery fakerie ici.

Montre moi quel humain tu es, pas ton cursus ni ce que tu crois être.

Bref…

Sinon pour faire un point météo et changer de sujet, il a fait très chaud, même pour ici… il y a même eu des soirs où on a pas mis de pull. Mais c’est magnifique d’être dans un endroit avec du frais et de l’eau, (surtout en pleine canicule) et je mesure vraiment chaque jour ma chance d’être là, dans la rivière à 14 degré, toujours vive en plein mois d’août et de continuer à découvrir des spots incroyables dans un tout petit petit petit rayon de la maison…

Des fois je me balade en souriant comme une benette car je continue à surkiffer mon environnement, les cascades, la végétation tropicale, la montagne qui s’effrite (ça fait le bruit de boules de pétanque qui s’entrechoquent) et les cris des animaux mystères qui nous réveillent la nuit…(« mammifère qui hulule aigu » qui es tu?)

Je la mets à chaque fois non?

Et sinon dans la chronique de la vraie vie les ados ont regagné le nid après leurs périples estivaux respectifs et on est à nouveau en quelque sorte une famille maintenant que madame Z la daronne est rentrée…(en gros nous avons à nouveau des repas à heures fixes, des courses « logiques », du linge propre et rangé et des rappels d’emploi du temps et d’impératifs ménagers. Et surtout ça rigole, ça vanne, ça ricane et ça s’enjaille et la vie est de retour au bercail.)

On est désormais sur la pente douce de la rentrée et je vais devoir y caser la préparation du festoche, celle du journal, celle du double retour à l’internat et le temps solitaire pour moi qui va être nécessaire à ma survie afin de pouvoir amorcer tout ça.

Forza.

Et sinon….Avec les filles on a fait un peu de peinture à l’entrée du bled…

Le bidon c’est devenu un pote

Et puis on a cousu la ville de fil pas blanc…

Quelque part, on sait pas où on va mais on y est fresque…

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