Ce soir je suis à Tignes et je suis dead de fatigue mais avec le sourire malgré la migraine qui me déchire le crâne et la nausée de la fin d’aprem. Je crois que ça s’appelle une insolation… j’ai d’ailleurs le bronzage “Mauricette Hertzog” avec la marque des lunettes… (qui aurait du être en forme de cœur mais qui est tout à fait lambda et c’est d’une vulgarité sans nom.)
Je suis arrivée hier après moultes péripéties (j’ai peu mais joliment dormi, j’ai pas fait de courses, j’ai oublié mon casque, mon chargeur et puis aussi mes bâtons. Marcher avec pas de bâtons d’habitude c’est ok mais avec mon corps de lâche je pense que ces temps ci c’est peut être pas du luxe…)
Premier train (sur un grand total de 2 trains et 2 bus) et ça commence mal. Je suis dans un carré avec une mama qui a l’air d’en chier et 2 jumeaux d’environ 3 ans qui figurent probablement sur toutes sortes de spectres (on se sait). L’un d’entre eux me fixait en filant des coups de pied dans le sac qui contenait mon ordi,l’autre HURLAIT. Pour le plaisir de hurler me semble t il…
Un truc incroyable. Un volume sonore démentiel…un vrai talent pour les aigus. Le fils caché de Mariah Carey et pavarotti …Du coup faute de casque je me bouchais les oreilles… tout comme le mec du siège de la rangée d’en face … mais pas leur daronne… vu qu’en fait elle était sourde et muette… j’ai donc pu constater que le « recadrage parental » sans les décibels et le ton c’est moyen efficace. Et je sais de quoi je parle j’ai pas connu l’éducation positive donc je peux pondre une thèse sur les différents types et « vertus » des hurlements parentaux.
Bref… cette pauvre dame j’avais envie de la prendre dans mes bras (et de l’emmener abandonner ses gosses) tellement elle avait l’air de galérer… mais en m’enfilant avant des boules quies vu que mes tympans résonnent encore. Le son dans les TER est clairement encore pire qu’au Trokson.
Naturellement ils sont allés au bout de la ligne…
Deuxième train nettement plus calme. Toujours pas de wagon bar, ça va on sait mais on peut rêver…
Ensuite un bus. De montagne. Du fond de vallée en virage… pas super mon kif…mais quand tu gagnes enfin visiblement du terrain après 4h de périple c’est un chouette feeling.
Puis un deuxième et dernier bus…. De haute montagne. C’était superbe mais à ce stade j’ai trop la gerbe pour m’émerveiller de quoi que ce soit…je veux juste arriver. Et la conductrice me fait un peu peur.
Bon bref… du coup je suis la. En place. Dans un studio tout à fait pas moche à 2100 m d’altitude. Ma cruralgie est la aussi mais en mode indulgente… on sait toutes les deux qu’elle est présente mais on a décidé de cohabiter sans l’aide des médecins.
j’en ai donc profité aujourd’hui pour poser mes groles à des altitudes supérieures à mes profondeurs bugistes usuelles…
Et purée quel kif. Ce soleil, ce bleu, ce panorama…
Ce matin j’ai fait une rando dont je rêve depuis 2 ans.
L’aiguille percée a 2778m exactement.
Et pour une reprise le pierrier c’est … intéressant…mais bon heureusement il n’y avait pas que ça. Même si une grande partie se faisait dans la caillasse, pardon, même si l’environnement était majoritairement minéral.


























Je termine donc mon périple ravie, émerveillée et plutôt pas en trop mauvais état…et il est encore tôt. Bien plus tôt que prévu…
Je me ravitaille donc en caféine dans un bar (café, coca zéro et 2 lamaline pour une petite douleur de crâne – sûrement le soleil me dis-je) et, portée par l’euphorie du moment (et sûrement un peu la caféine) et malgré l’idée générale de « pas trop forcer » je décide de reprendre un télécabine random pour manger ma gamelle en altitude au lieu de mon studio blanc minimaliste (dont j’ai surtout très peur de souiller la moquette.)
Hop, nouveau versant, nouvel émerveillement… tout y est. L’altitude, les glaciers perchés, le ciel bleu et pur…les gars, je suis DANS la carte postale!
Mais que vois-je au loin? Une ligne de crête qui part dans la direction opposée à la mienne?

On est des fragiles ou quoi la?
Me voilà donc repartie sur cet étroit chemin… entre glaciers et montagnes et « pelouses » presque automnales… c’est très beau.
Mais c’est aussi très long.
Et la descente ça nique les genoux.
Mais c’est vraiment super beau (on l’a déjà dit) et surtout j’ai pas le choix.
Alors let’s go. Mais le soleil chauffe, mes orteils qui butent contre le bout de la pompe aussi, et ma tronche pulse chelou…

























Une fois arrivée à bon port, au bout de 18,5 km à « assez haute altitude » ma tête explose littéralement … il me faut bien quelques heures à l’ombre (avec un turban mouillé… le look Alice Sapritch des marécages … j’ai failli dire Marie France Pisier mais je sais que personne ne me suit sur les refs de faits divers) avant de pouvoir instagramer mes photos et me remettre dans un mood vertical… c’est dire…(et oser regarder mon reflet vanille fraise dans la glace)
Cependant en déambulant la haut, je me suis fait la réflexion qu’avec un séjour plus long, de l’altitude et zéro interactions humaines (autres que la commande de café ou de bière) je pourrais peut être bien remettre bien à l’heure mes pendules psychiatriques (n’ayons pas peur des mots) … mais bon comme je m’appelle pas Heidi avec un plan grand père à la montagne et que les studios dans les Alpes si minimalistes soient ils ça reste cher je vais déjà mettre à profit mes 3 petites journées ici.
Voilà.
Mais c’est chouette. Et j’en avais grand besoin.
Alors merci la vie même si en général on est pas super en bons termes. Je crois même que c’est le premier jour depuis longtemps où j’ai pas pensé à desoficialiser mon existence. Alors c’est pas rien…
Et si tout va bien demain ça continue..,