Aujourd’hui je me desincarcere.
Je sors de l’état safe que je commençais à découvrir, un état un peu apaisé, frustré certes par la collectivité mais qui en avait accepté les contraintes au profit d’une certaine paix (dans le sens de foutez moi la paix plus de la sacro sainte serenite).
La captivité chill.
J’étais “pas si mal” et ça faisait ultra longtemps que ça m’était pas arrivé.
Protégée de moi même par toute une équipe et une structure savamment étudiée pour.
Ou tu peux être deglingue en toute discrétion, libre de rester dans ta bulle, avec des soignants qui te laissent voir qui est sous la blouse et qui te traitent comme un humain (et comprennent même ton humour).
Mais la il est 6h12 du sbar je fais mes valises. (Cabas, boites etc…)
Je vais revoir les gens que j’aime (que j’aime fort). Me couler dans leurs bruits et leurs odeurs, les respirer à nouveau et me baigner dans leur rires. j’ai hâte.
Reprendre la vanne Life, mes rituels d’alimentation chelou, le café dans les veines, le piment à volonté et la couleur partout.
“Évoluer” (mouarf) à nouveau dans mon univers bordélique et bruyant, devoir me faire violence pour exécuter des tâches élémentaires avec un cerveau en pleine tempête. Appréhender le monde qui s’écroule autour de moi en sachant que je perdrai plus de temps à réfléchir aux conséquences des élections ricaines qu’à l’infiltration dans le plafond de la Z…

Revivre avec un perma-sentiment de panique qui te tord le bide car pas une fois dans ta vie tu as compris les consignes de l’existence.
My lifestyle is a horse-sujet.
Mais on va faire aller.

Si je suis plus solide on sera tous plus forts car je les fatiguerai moins.
Si je suis plus d’aplomb je leur peserai moins (tu le vois le jeu de mot?)
Il va falloir que je trouve des manières de me mettre à l’abri de moi même pour avancer. Et de la vie. Sans en sortir. (Ou diable ai je donc foutu mon caisson d’isolation sensorielle?)
Que je trouve des temps pour retomber sans chuter dans les abysses. Que j’arrive à me remonter sans me percher trop haut.
Rester à portée, ne pas partir si loin que je peine à revenir.
Tout un programme.
Et essayer de moins souffrir. Moins faire souffrir.
Générer autre chose que des névroses chez les gens que j’aime.
Être influenceuse de bons souvenirs plutôt que de traumas.
Protéger ceux que j’aime en me/les protégeant de moi même.
Moi aussi je sais passer des décrets dans la nuit (ça doit être un talent qui va avec les coupes de merde!)
Je vous tiens au jus pour la suite, j’ai de la vraie vie à faire et ça commence par réussir à s’habiller à l’endroit et ça va demander un peu de concentration!
Et je dois retrouver mes lunettes.
