Bon… me voilà revenue depuis 48h et je reprends mes marques et mes repères.
J’ai regagné mon domicile (glacé à cause d’une panne de chaudière), j’ai récupéré mon colis Vinted contenant mes converse dinosaures arc en ciel. J’ai vidé les cendres de la chaudière (sur mes converses neuves et par terre…), j’ai constaté que le lave vaisselle était dead et que la chambre de la Z prend l’eau, je ne retrouve pas le pilulier acheté il y a 4 jours, j’ai oublié la harissa dans la salle de bains, je parle trop, j’oublie ce que je pars chercher ou poser à mi chemin, je fais les trucs à un quart, je déborde de l’intérieur et comme je me vois faire j’implose (mais discrètement pour pas trop déranger les autres. Même si des fois ça se voit un peu quand même).
Sur les dernières 24h j’ai perdu mon casque et ma banane. (Puis je les ai retrouvés après juste ce qu’il faut de panique.)
J’ai commandé (par erreur) 3 fois les mêmes chaussettes.
Je me fatigue.
Tout pareil qu’avant.
Sauf que j’ai pas encore eu le courage de dormir dans ma chambre. J’ai partagé mes nuits entre monsieur N et la Z (en tachant de pas les confondre… ils ont les mêmes fesses mais la Z sent la vanille ça m’aide à faire la différence, et surtout, si je la touche par inadvertance, cette dernière me menace de mort)
Comme c’est trop le bordel dans ma tête et autour de moi j’arrive à rien faire.
Amorcer une action domestique reste toujours aussi difficile.
Amorcer une activité apaisante aussi.
Ma boîte aux lettres prend l’eau.
J’ai encore pas défait ma valise.
Il y a une montagne de courrier (mouillé) qui me terrifie.
Je mange pareil depuis vendredi.
Je suis 50% adrénaline et le reste en mousse.

Si on doit se parler franchement je comptais pas vraiment sur une transformation, mais j’espérais surfer un peu plus longtemps sur le sentiment d’apaisement que la clinique m’avait apporté.
J’avais pris du recul sur la situation, mais je constate que c’est impossible d’en prendre vis à vis de ce que je me fais subir malgré moi. (Et par conséquent aux autres…le drame de ma vie)
Mais faisons semblant que ça va. Ou du moins que ça ira. Dans quelques semaines, thérapies ou molécules.
N’oublions pas qu’il existe des trucs chouettes aussi.
Il y a du fromage, du café (il y a même eu un dirty chai), des olives et de la galette du marché, il y a des sourires, j’ai bu une bonne bière et vu un bon concert, qui plus est en charmante compagnie, j’ai revu pas mal de tronches que j’aime bien, d’autres suivront en temps et en heure. Et j’ai hâte.
Mais doucement.


Je me sens quand même un peu décalée, convalechiante, et un peu ahurie par le fait d’être en plein dedans le dehors. Je vais finalement essayer de suivre les préconisations du doc et essayer d’y aller mollo quand même.
J’ai besoin de calme et de vide. Comme un câlin de néant pour m’apaiser et essayer de me sortir la tête du chaos.
Quitte à renoncer à une médaille de sociabilité je vais opter pour une invisibilité transitoire.
Ils vendent des perruques sur Temu? (Les lunettes de soleil j’ai déjà!)
En sortant de la clinique je me sentais pas tout à fait la même, mais en rentrant chez moi je constate que je suis néanmoins pas tout à fait une autre.
Ca risque de prendre un peu de temps cette affaire.
Bon c’est pas tout ça mais il faut que je pense à 3 milliards de choses tout en en faisant 3 milliards d’autres, pas dans le même sens et incompatiblement. C’est mon sacerdoce et mon projet (je pense que ca sonne mieux que ma malediction et ma pathologie même si fondamentalement c’est tout à fait pareil).