Réalité moyenne basse

A + grosso modo 45 jours on peut plus vraiment parler d’adaptation au retour, mais on peut clairement pas parler de reaclimatation non plus.

Déjà j’arrive toujours pas à m’habituer à la pharmacopée qui m’a été attribuée, là franchement c’est trop. Le pot belge du matin, le cocktail «  à son insu «  du soir, les opiacées et la ritaline entre les deux et les piqûres qui collent des turbo-hématomes à mon fragile fessier 2 fois par jour.

Pour info il a grave diminué

j’avoue je comprends encore moins rien à ce que je suis ni ce que je deviens. J’ai l’impression d’être une expérience de Minus et Cortex.

Et la blague c’est que je sens toujours pas ma jambe.

Je pensais devenir organisée et sereine, je deviens obsessionnelle de l’efficacité mais « evil chaotic » pour ceux qui ont la réf et sont dans doute restés puceaux plus longtemps que la moyenne.

Je m’arrête jamais, la procrastination c’est fini pour moi, mais en même temps je suis prise d’une fatigue incommensurable. Si je me pose je m’endors. Et pas 5 minutes, genre 5 h. Du coup forcément j’évite car ça me contrarie au plus haut point de perdre des heures de réveil, ou d’éveil même si ma nouvelle domesticité n’éveille que mon sens de l’odorat (ah ça c’est javel je connais, ah ouais acétone j’aime moins, vinaigre blanc nan ça je m’y ferai jamais…).

Et je fais des gâteaux, et des soupes et je prépare de vraies choses à manger (pour les autres, moi je reste fidèle aux soupes royco , fromage et un fruit de temps en temps …mon corps est un temple même si de loin on dirait le parking d’Aldi)

Question inhibition je danse toujours pas sur les tables mais j’achète n’importe quoi. Heureusement à pas cher vu que comme on a plus de française des jeux au village j’ai pas encore joué les dosages de mes médocs à l’euro million.

Et quand on me demande si ça me fait du bien de ranger trier et brasser toute la journée la réponse est quand même non. Ça enlève certes une charge mentale quand tu passais devant un fil électrique dénudé et que maintenant il y a un (joli) lustre, ou quand le côté favéla de ta chambre est maintenant contenu dans une vraie penderie, (merci la team Brico sourire) mais j’ai surtout l’impression que mon efficacité doit servir à me rédempter aux yeux des autres. À servir à quelque chose. À justifier mon existence.

Pour dire pardon, je suis une grosse naze inutile, mais regardez j’ai trié les vis par taille et j’ai testé tous les stylos bille de la maison et je t’ai offert un porte monnaie requin baleine pour y ranger les autocollants caipibara que je t’ai acheté lors de mon dernier achat compulsif. Et j’ai balayé le jardin en béquilles! Et regarde j’ai mis un ruban à paillettes sur le mur,

Alors gardez moi encore un peu, vous voyez bien que je fais des efforts. J’ai même acheté du maquillage à action (vu que si je rentre dans Sephora je vomis) Et je coûte vachement moins cher en bière!

(Le budget fromage c’est parceque faire vivre nos petits agriculteurs c’est mon combat personnel. On met son militantisme ou on veut/peut! Ok?)

Étrangement, je pleure un peu moins. Sauf si je me mets à penser à ce que je pense de moi ou que je crois que je vaux. Ou que je vaux qu’aux yeux des autres, même si il y a eu des mots et gestes gentils qui m’ont tiré des larmes et m’ont un peu plus écartée du cercueil dans lequel j’étais en train de me diriger plus ou moins volontairement.

Le problème c’est majoritairement entre moi et moi et les non dits ou mal dits.

Je me concentre sur « sortir de ça « , la boiterie déjà (j’en peux plus de cette béquille, j’ai même réussi à trébucher et la prendre en pleine tronche ce qui m’a explosé le nez et donné un look tonton flingueur pendant une semaine… c’était ça ou « le petit truc en plus » car si je mettais un pansement ça me faisait loucher), et vu qu’avec mes médocs je suis déjà à 3 doigts de baver…

J’essaie de pas penser à la place des autres aussi. Et encore moins en y appliquant mon système de pensée tordu. Pas l’exercice le plus facile de ma vie j’admet.

Et si on veut aborder l’enveloppe de chair plus ou moins putride qui me véhicule, la fonte musculaire c’est superbe… je ressemble à ça mais qui aurait été laissé sur la plage arrière de la bagnole au mois d’août.

Donc voilà mes souffrances physiques et existentielles sont à nouveau des éléments comiques. Je crois que Pierre Richard teste le terrain de sa future réincarnation et il m’a bien l’air de s’y sentir à l’aise. si Jacques Villeret arrive aussi on sera pas mal (il y a la place pour 2 vu l’élasticité de la peau passé 30 ans je pense).

À vrai dire j’ai globalement moins mal mais comme je sens plus ma jambe et que j étais déjà pas le couteau le plus aiguisé du tiroir de la proprioception c’est mieux de conserver une béquille. Ne serait ce que pour avoir une place assise dans le train.

J’essaie aussi de rester positive (aux opiacées là on est bons, mention très bien je pense, en toute modestie!) et de moins me faire subir sauf que pour le coup j’ai rarement été aussi diminuée à tous les niveaux en même temps. Du coup pas sûre que ce soit un franc succès.

Mais comme je dors beaucoup ça doit reposer mes proches. (Autant ils me font des Pelicot pour avoir la paix!)

Sinon hier j’ai vu le neurochirurgien qui a pas eu l’air de paniquer (je crois qu’il a validé le module impassibilité bienveillante quand il était interne), m’a bien explicité sur l’IRM qu’à la place d’un truc net et fonctionnel qui devrait ressembler à un osso-buco moi j’ai un blob qui palpite et dégouline et ressemble davantage à un mug cake pas cuit, et m’a changé une nouvelle fois de traitement (des ampoules apparement super amères et degueulasses qui se prennent sur des sucres… comme il y en a 6 par jour et que j’ai abdiqué le sucre ils peuvent courir, moi je vais les prendre avec un glaçon dans un verre à suze ça me donnera l’illusion d’être au moins une alcoolique chic digne de série américaine). Il m’a aussi programmé une infiltration pour le mois prochain et suggéré qu’on reparle d’opération si ça marche pas ou si ça revient trop vite.

Et de la kiné à gogo sauf si ça fait encore trop mal.

À tout’ je vais chez le kiné!

Appelons ça de la résilience, moi je crois juste que je suis têtue et que comme d’hab je sais pas faire de choix. Alors que je pourrais me laisser couler tranquille me voilà pas en train de crawler vers la surface sans même savoir si ça va servir à quoi que ce soit. Ou si une quelconque surface existe pour moi.

Bref voilà des nouvelles. Sans trop rien de nouveau d’ailleurs. La redondance c’est mon deuxième prénom!

Sinon j’ai ni chauffage ni eau chaude depuis vendredi donc si je pue c’est pas de l’incurie c’est un problème de plomberie, allez pas me rajouter de symptômes que j’ai pas.

Le seul symptôme que j’accepte d’assumer à la rigueur c’est celui de pas être foutue de passer un coup de fil au chauffagiste.

Bref, go j’ai une tablette a monter, je dois tester une centaine de posca, faire une déclaration caf et fixer ma première (historiquement. La dernière aussi d’ailleurs vu le succès de l’aventure) planche de skate au mur du salon.

Bonne journée l’équipe! Buvez des bières pour moi mais seulement si c’est des Neipa! Et sinon have fun, la vie c’est surcoté mais court quand même alors autant essayer d’en profiter!

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