C’est l’idée. Se reposer, se retaper, se rééquilibrer et réapprendre à avoir envie de vivre.
Mouais.
Quand je me repose c’est à cause des épisodes narcoleptiques surprise, je me retape physiquement de la jambe à une vitesse gasteropodique pendant que le reste du corps fond tout autour, et l’envie de vivre c’est toujours pas ce qu’en attendrait un bilan psychiatrique potable.
Pas avec les moyens dont je dispose. Ou plutôt dont je ne dispose pas.
J’ai pourtant des journées frénétiques, je bricole, je joue avec le perforateur (dont l’obsolescence à déjà dépassé sa date de programmation de plusieurs années. Vu que chaque trou prend plus de 30 minutes, cette maison a beau s’écrouler je confirme que les murs sont bien compacts)
J’essaie d’allier pratique et pas désagréable à la vue donc parfois ça floute la priorité et l’ordre des tâches.
Et pour ranger faut déranger, et pour re ranger faut du courage (et parfois de la logique) alors bon des fois ça reste par terre, et je fais du cross fit sur une patte et j’enjambe la friteuse, les cabas, les cagettes et tout le bordel non identifiable qui jonche le sol du garage.
Ça peut m’arriver de glisser aussi. Je suis Surya Bonali en mon garage. pas de public pour applaudir mes figures. Pas de jury pour me disqualifier non plus c’est déjà ça.

Hier j’ai brossé à genoux et à la main le sol de la « buanderie », (anciennement une cage a fioul), des décennies de crasse à l’eau bouillante et poudre saint Marc ménage.
Je me suis cramé les mains mais le sol est toujours degueu. (on m’a depuis appris que c’était à base de soude et que c’est pour ça que mes mains saignent).
Bref c’est pas demain qu’on va être sur pinterest. Les urgences par contre on a toutes nos chances quand j’utilise une scie sabre, un perfo et une disqueuse dans une même journée! (Et de la soude donc, mais ça va j’en ai pas bu)
Je m’autorise une bière chic le week-end, à la mesure de mon pilulier qui diminue et dont je soupçonne la moitié d’être des placebo vu l’effet que ça fait.
(Ah bon la morphine c’est sous forme de dragibus? Ben dis donc ils ont de l’humour dans l’industrie pharmaceutique).
Par contre j’avoue la bière me fait tituber bien plus vite que d’habitude, du coup mon extraversion dépend de mon besoin de verticalité/dignité et là aussi on fait des économies. (J’ai toujours néanmoins favorisé la verticalité, on a laisse laissé la dignité au bord de la route il y déjà un moment. Parfois on m’y a aidée, parfois être ce que je suis à largement suffi).
J’ai pour l’instant lâché la question du sens d’être en vie, à laquelle je reviendrai sûrement car c’est toujours pas très clair. Ni ce qu’on attend de moi au niveau universel ni au niveau social, familial et intime. Mais à l’instant T je doute de place, ou de mon utilité, oú que ce soit.
La j’essaie juste d’être acceptable pour ceux que j’aime. Car j’ai encore besoin de leur validation pour y croire, en moi, en nous, en ce que j’aime de ce qu’on fait de nous.
En termes de domesticité. Si il y avait un test à valider, ce que j’ai à offrir m’enverrait sûrement plus en Esat que dans l’équipe de nettoyage d’un quelconque kyriad de bord d’autoroute.

Juste je me contente de me donner une quelconque utilité globale. Sans trop passer par un moi qui peine à exister ou se justifier d’être encore la.
Pourtant j’ai envie de plein de choses, (re)trouver mes vrais gens, (et merci à ceux avec qui ça semble en bonne voie, vos messages et gestes m’ont fait pleurer avec du sourire dans les ventricules cardiaques).
Je reste méfiante et un peu sauvage et désolée si je suis parfois intangible mais j’arrive quand même à discerner un filigrane de bienveillance et de réciprocité qui ne demande qu’à trouver son vrai dessin/dessein.
Trouver des seins par contre là on oublie, je ressemble à une survivante des camps sur qui on aurait oublié des mottes de gras en aléatoire sauf sur le thorax). Je cumule con et cave.

J’aimerais apprendre à exprimer des trucs artistiquement aussi. J’ai cru comprendre que par l’écriture, notamment ce blog, ça pouvait être dur pour les lecteurs. Mais j’essaie d’être authentique. Et c’est cathartique, c’est un espace où je suis telle quelle.
En tous cas ça m’aide à formuler un peu le bordel et le bruit cérébral et émotionnel qui m’envahissent parfois trop.
Ma créativité et la vectorisation de mes émotions n’a pas d’autres moyen de s’exprimer que par l’écriture, ou la geignardise introspective qui passe vite pour de l’auto centrisme (pourtant je cherche juste à oraliser ce qui me bouffe la tronche pour mieux (me) comprendre, avec l’espoir que peut être la personne en face pourra juste entendre ou comprendra mieux que moi en identifiant un pattern ou un éventuel truc qui pourrait faire office de soulagement à défaut de solution (et qui avait échappé à mes ruminations).
Et je sais jamais voir quand je vais trop loin dans le cru de la souffrance. Je sais pas me rendre tout public.
J’ai maintenant compris que ça pouvait être heurtant et toxique et que ca pouvait mettre les gens en situation d’impuissance… ou me croire complètement cognée (ou les deux car l’un n’empêche carrément pas l’autre).
Evidemment ce n’était pas mon intention. veuillez accepter mes excuses.
Sinon pour revenir à l’art, J’ai le talent artistique d’un enfant de 3 ans et pourtant je rêve de créer. J’arrive pas à produire ce qui me plait. Je me déçois toujours. Le décalage entre l’envie/le projet est souvent très très décevant.

Il y a peut être un prix de la pitié au musée d’art brut de Lausanne mais en vrai j’aimerais maîtriser au moins un ou deux arts correctement et en faire quelque chose.
Linographie, peinture, broderie, dessin peu importe mais je déteste les tutos car je peux pas écouter de musique en même temps, et de toutes façons mon cerveau n’assimile pas les consignes en miroir vidéo.
J’avais fini en larmes pour le crochet (tuto: le noeud coulant du départ) alors qu’avec Sylviane et Josiane j’ai pu débuter, continuer et même progresser un chouïa (merci les filles pour ça et tout le reste!). Même si je suis pas très rigoureuse sur la qualité, ni très présente…pour le crochet comme dans la vie en général.

La fille brouillon. Un des trucs qui revenait le plus souvent dans mon enfance.

L’Encre sur les doigts, les pages cornées et les stylos perdus ou mordus, les polycops volants hors des classeurs, la colle qui a coulé dans la trousse, sont devenus aujourd’hui des taches de café sur la laine, des fils pas rentrés, des bords pas nets ni symétriques, le cheveu sauvage et toujours les taches d’encre ou de peinture sur les doigts, 7j/7.
On est plus en EMT, au moins c’est pas noté. Et il n’y a plus de photos de classe…
J’avais d’ailleurs prodigieusement raté chaque tâche… alors qu’aujourd’hui je rêverais de savoir coudre un caleçon ou fabriquer un abat jour.
Psychanalytiquement, avec le recul c’est marrant, au lycée au lieu de m’inscrire en « bénévolat obligatoire » atelier crochet pour faire des couvertures pour les lépreux je m’étais inscrite en réparation de jouets.
Et effectivement après des années de thérapie et d’introspection et grâce à la skincare proposée (imposée) par la z) je me sens plus proche du jouet cassé que du lépreux.
Comme quoi les cosmétiques Action quand tu sais utiliser Yucca (merci Z) ils peuvent contribuer a te dé-décatir un peu. (Moins vite). Ça répare pas des masses par contre, même si leur rayon bricolage est bien achalandé.
Et la lèpre quand tu quittes pas l’Ain depuis 2 ans c’est vrai t’es à l’abri aussi…
La c’est le week end, le soleil remplace doucement la pluie, on commence à entrevoir la couleur des tulipes en devenir, la faune ornithologique ripaille sur les boules de graine et les insectes, et le vert, on a beau dire c’est plus joli que le rien, même quand on est cynique et pas fan de la vie en général.



Hier on a aussi assisté à un karaoke piano au bar des copaines et j’ai vu mon homme cis hetero barbu préféré rire et sourire et chanter du Michel Delpech et ça m’a fait plus de bien que le prozac ou n’importe quel principe de psychologie positive. Car c’était vrai et beau et sincère et du bon en real Life ça marche mieux que les médocs ou les théories comportementales.
C’est des endorphines brutes avec des paillettes. Pas transformées en gélules bicolores. Ni en leçons de relations aux autres. Même si je concède que ça peut aider.
C’est sûrement aussi l’espoir qui marche mieux que les médocs et j’ai besoin de ça. Ou encore un peu des deux.
L’espoir de rire et partager à nouveau, d’être en mesure de pas me sentir constamment en danger. Savoir avoir confiance et se faire confiance.
Et pouvoir à nouveau partager, musique, sentiers, voies vertes, bivouacs et bien sur fromage local.
Hier en HDJ on a eu un cours sur les limites. C’est sur je vais redoubler mais c’était intéressant. Et assez nouveau. Il va falloir potasser et commencer à mettre en pratique, et je vais commencer par ma personne .
Deso je parle beaucoup de moi mais je suis depuis plusieurs mois dans une période où je ressasse pour essayer de (me) comprendre et savoir quoi faire du truc, donc je partage mes ressentis et questionnements. (Et aussi je sors quasi plus et je vois quasi personne mais ça me fait du bien, mais du coup quand je parle, je parle trop)
D’ailleurs si c’était un blog de cuisine vous seriez vite déçus, ou malades (ou morts même si ça m’est arrivé qu’une seule fois de faire cuire une éponge avec les patates).
Ou un blog de lifestyle, ça finirait sûrement comme ça à commencé, en clinique.
La mode, pas sûre que vous soyez prêts. Il faut éduquer la rétine avant. Trop de couleurs d’un coup ça peut surprendre l’orbite.
L’éducation des enfants ? Mouarf…. Meme si je suis très fière de mes trois atypiques. E qui se bat et découvre et se demmerde comme un chef malgré ses doutes.
C qui s’assume. Qui ressemble à Paul mirabelle sans les filtres politiquement corrects, qui écoute le podcast la poudre et est à abonné à de multitudes de comptes féministes.
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Et La Z, qui même quand elle en chie reste le soleil, le soleil drôle. Et pourtant c’est pas facile pour elle… ne serait ce que d’être tombée sur nous à la loterie geneapaslogique.
Je sais reconnaître ce qu’il y a de chouette. Juste pas chez moi.
Mais bon assez d’autodenigration, je vais faire des trous à moitié, poser les mauvaises chevilles et boire du café froid (mais de qualité!).
Bon dimanche l’équipe! Oubliez pas de vous poser!