Grosse semaine… qui me faisait stresser depuis une semaine.
Hdj en mode mou lundi, déjà dès le départ j’avais renversé mon café sur mes affaires de piscine donc j’ai « échappé » aux sports co compétitifs en slip et bonnet de bain (pas mon activité préférée quand les gens viennent se frotter à toi en slip de bain pour littéralement t’arracher ta balle et marquer un pauvre point qui sert à rien, je m’offusque à chaque fois mais on me dit que “c’est le jeu”).
Du coup j’étais en salle polyvalente et j’en ai profité pour potasser la lettre à mon pater que j’enverrai sûrement jamais. Mais ça m’a plombée encore un peu plus.
L’inutilité de tout ça. Le fait qu’il changera jamais. Et la perte à tant de niveaux.
La thérapie fait forcément remonter des trucs. On remonte aux sources. Et ce géniteur même pas génétique qui possédait (ou mimetisait) les codes a choisi et continue à choisir de pas les appliquer pour nous. C’est plus facile de se réinventer ailleurs en achetant d’autres gens plus complaisants en effet que de constater les dégâts qu’on a commis autour de soi.
Moi qui pensais être la reine de la résilience et avoir « survécu » à ce qui est aujourd’hui désigné comme de la maltraitance, je me rends compte (avec les psy dont c’est finalement le métier) que la merde de l’histoire c’est peut être bien pas moi.
Sauf que va te degreffer ça du cerveau à mon âge…surtout quand le pater familias reste dans l’enduro du dénigrement actif et passif.
Bref, ce lundi l’impression de tout rater et que je vais redoubler la classe de gestion de l’anxiété car tout doit être rationnalisé pour réduire cette émotion …et si il y a bien un truc que sais faire c’est ça.
SAUF que le temps d’identifier les émotions qui me submergent et de discerner leur lien avec le/les problèmes ça me prend un temps de ouf.

Le problème ne consiste pas à à intellectualiser mais à rationnaliser et faire ça possiblement en moins de 72h pour réagir plus vite et souffrir moins. Et d’éviter la sidération et le désordre mental qui bouffe trop de temps de vie pour mettre tout à sa place par étapes de gravité (ou même non-gravité soyons fous!) et ne pas réagir dans la panique ou se retrouver en mode freeze.
On peut avoir des tiers temps en psychiatrie?

Ou un accès libre a la télécommande on/off du temps?
Pas sure que je l’utilise que pour ça si je l’avais ceci dit…
Mardi c’était le blues, le gros blues avec les grosses fat larmes qui coulent dans ton café sans savoir pourquoi (prends ça gestion de l’anxiété!). Je vis un chamboulement psychique et chimique alors des fois ça déborde lacrymale ment car je perds de vue ce que je devrais/pourrais devenir. Ou pire ce que j’aurai pu devenir en grandissant autrement.
Pourtant le week end était cool, le lundi pas pire… mardi il pleuvait certes, mais si il fallait pleurer à chaque fois qu’il pleut…
Ces derniers 6 mois la thérapie me fait reenvisager pas mal de trucs, ou les revoir à l’aune de l’inacceptable alors que moi j’étais en mode « même pas mal ». Evidemment j’ai les faits. Évidemment je sais ce que j’ai vécu/ressenti à l’époque. Mais je les avais tournés à l’absurde/ au comique ou alors planqués sous un gros tapis plein de couleurs.

J’en ai parlé avec mon frère qui a globalement validé mes ressentis et partage les siens et certains mots m’ont fait du bien, d’autres aussi m’ont touché tout en m’arrrachant des larmes (que je lui avais servi de modèle et de bouclier par exemple).
Longtemps, mon enfance, mon adolescence je les ai narrées comme un futur scénario de bd, roman ou stand up, des situations absurdes transformées en vocation a faire rire. Et là on me fait prendre conscience que non seulement c’est pas drôle, et que l’autodérision ça rime pas DU TOUT avec estime de soi, (et que ça ouvre même la porte à ceux qui se glisseront dans cette brèche béante dans laquelle je les invite littéralement à me denigrer ou dévaloriser en montrant l’exemple).
Du coup tout ce bordel rajoute du pathos au trauma qui avait gagné la partie de cache cache, ne laissant que les nerocheloutitudes pointer.
Mes aspérités visibles. My own personnal iceberg tips.

Et ça remet pas mal de choses en question. Notamment la transmission aux enfants. Je passe ma vie à essayer de pas reproduire, quand d’autres surfent sur la vague mururoenne du « je sais pas faire autrement ». Et en effet faire autrement c’est admettre qu’un truc clochait. Et aussi choisir se s’y pencher … ou pas.
Je reste pro psy dans la mesure où l’idée c’est de faire ça en douceur et pas de te jeter dans ta souffrance ou tes contradictions. C’est une éducation à soi même plus que de la médecine selon moi. (Même si j’ai compris que la chimie était pas forcément un ennemi et que tourner en boucle « à jeun » pouvait faire plus de mal que de bien en termes de circuits de pensées).
Du coup voilà… je m’inquiète pour l’enfant que j’ai été en plus de ceux que j’essaie de guider. Et toujours pas d’adultes vers qui se tourner.
Je peux m’auto déclarer comme enfant à charge de moi même à la caf? (c’est pour un ami)
Mais on a la chance d’avoir autour de nous des personnes « points de vie », les gestes adorable spontanés, les problématiques partagées (ou juste entendues), les mots gentils qui font monter les (bonnes) larmes, les cafés et les vrais discussions, le torse endorphinique de mon boyfriend, les vannes tantôt hilarantes tantôt grinçantes des ados (qui font aussi fonction de contrôle qualité parental selon leur acidité ou leur indulgence).
Pour revenir à du concret, mercredi j’ai eu l’audit primrenov, j’étais bien en stress. Comme tout ce qui est évaluation, même si là il ne s’agissait que d’énergie de de béton. (Ça m’a peut être ramené au boulot psy ces histoires d’énergies et de bétonnage). Je voulais demander un minaret pour surprendre les voisins, et du crépi arc en ciel ou à paillettes si on a le droit de choisir. Mais j’y crois moyen.
J’attendrai donc ce qu’ils vont me proposer eux dans 3 semaines et à tous les coups je vais pouvoir m’asseoir sur les projets de wokification du village. (la gentrification c’est trop mainstream)
Apparement ce sera isolation toiture et extérieure et poêle à bois.
Ça tombe bien j’aime le feu.

Mais sera-ce une bonne idée avec des murs en polystyrène (et ma poisse légendaire).
Blague à part c’était stressant. Moi qui aime pas demander, la c’était un festival. Même si c’est légitime et que c’est eux (et l’état providence) qui ont proposé.
Et puis hier j’ai eu mon infiltration… une aiguille entre 2 vertèbres, une hernie et un nerf vénère qui te remplit de corticoïdes… chimiquement j’ai renoncé à renoncer. Ça a pas fait mal du tout d’ailleurs. C’était juste long.
Le soir je marchais encore plus chelou.
J’ai bu un demi d’ambrée au piment, puis une blonde au piment, avec 3 de mes personnes préférées, mais je pense que ça n’a rien à voir avec ma démarche.
C’est du titubage de détente après tout ce stress.
La détente des moments qui te font du bien, ou tu peux parler sérieux en rigolant et inversement, et qui est la seule communication qui me convienne à peu près. Transformer les conversations existentielles en badinage. (Parfois le contraire aussi)
J’ai d’ailleurs continué ça au café ce matin avec un de mes Hervé préférés (que voulez vous j’ai beaucoup de Hervé dans ma vie et ils sont d’ailleurs tous très chouettes) .
La j’attends le train avec mon animal muselé (on aime ça ni moi ni elle mais on vient de se faire rappeler à l’ordre par une policière des transports un peu flippante alors j’ai beau faire la maline avec mon pendentif ACAB en langues des signes (militance discrète) j’obtempere (et l’animal aussi, mais ça c’est son côté Berger allemand).
Par contre elle est trop susceptible je viens de lui dire que ça lui donne un petit côté Lolo Ferrari et elle l’a mal pris.

Et pourtant…
Voilà.. on se rentre. Objectif repos vis à vis de l’infiltration.

Je vais le mettre sur ma liste.
Bon et je suis pas fière car je suis passée à la Fnac sans passer par la case économie circulaire mais j’ai enfin trouvé une bd que je cherchais d’occase depuis 3000 ans (au moins)

Bref. Ça amorcera peut être un temps calme qui sait…
Prenez soin de vous! Et merci de me lire…