J’écrivais depuis ce matin un article sur la manière dont les médicaments ont pas (encore) changé ma vie et le fait que je me méprise toujours autant pour les mêmes choses, les pertes, les oublis, les maladresses…(cette semaine carte vitale, carte bleue, ordonnance de la Z, cassé le lustre que j avais acheté pour remplacer celui que j’avais cassé 3 semaines avant, une blessure au coude inexpliquée…)
Bref de la redondance en barre comme d’hab.
Et puis hop en appuyant sur le mauvais bouton le texte a disparu à jamais. (deuxième fois que je fais ça. L’écriture comme art über-ephemere ou un acte manqué d’autocensure, une combustion autodafique spontanée.

Je vais peut être monter un numéro à la Meisner, confiez moi vos trucs importants et je les fais disparaître!
J’étais d’ailleurs au moment où c’est arrivé en train de me demander si c’était pas trop sombre alors peut être que ça tombe bien.
Ça vous évitera de m’entendre encore geindre.
Mais laissez moi insister sur le fait que je commence à douter de mes capacités à « tenir une maison » même en m’acharnant toute la journée.

Ça me fait penser à une soumission chimique à la domesticité…ou j’en tire vraiment aucun plaisir.
Ça ne m’apporte pas grand chose à part une grande fatigue physique. C’est assez nouveau comme sensation et assez pénible aussi.

Mais c’est peut être mon régime alimentaire Elben/piment/soupe de tomate qui est pas assez équilibré aussi. Dommage parceque c’est super rapide à préparer.
Quant à mes compétences en termes priorités on sent aussi qu’on est pas sur de l’instinctif.
Moi avant « faire le ménage » c’était classer mes livres par couleur et mettre les coussins « dans le bon ordre ». Ou aligner des dinosaures en plastique en alternant carnivores et herbivores.


Et ce que je fais depuis que je suis rentrée c’est plus du tri que du ménage. Du vide aussi, et on a un peu de marge…vu le merdier.
Il y a du tri qui brasse plus ou moins.
Classer des caisses de correspondance en regrettant avoir perdu le lien avec les/la personne, en souriant sur les conneries drôles qu’on a pu s’écrire et ce qu’on mettait sur les enveloppes, et puis les trucs plus doux amers, les mots d’amour sur papier qui se sont transformés en soupirs blasés et pointe d’amertume. Pas tous, car il y a des mots qu’on chérira toujours.
Pareil pour les photos, se voir vieillir, voir des sourires spontanées, des fou rires de gens qu’on ne connaît quasi plus. Parfois qui nous manquent. Se rappeler qui on a été en bien ou en plus embarrassant.

La j’amorce des tâches plus javellisées, j’ai investi dans une gamme de produits et artefacts de rangement et nettoyage.
Je dois juste apprendre à les utiliser. Déjà en les sortant de leurs boites.
Je suis prête et équipée mais on sent bien que c’est pas naturel. (C’est ce qu’a du ressentir Laika en montant dans la fusée)
Et je me reconnais pas là dedans.
Moi qui ai toujours refusé de faire du théâtre je suis dans mon meilleur rôle. Mais souvent comme je suis chargée de Cabas de trucs Vinted ou boîte à dons c’est davantage « Zezette épouse x » qu’une chatte sur un toit brûlant.
Je ne vois plus Caro.
Sauf quand je croise ce truc échevelé et coloré au coin d’une vitre. Cathy ghetto a Wisteria Lane.

Toujours un peu l’impression que mes activités ménagères ont pour seule fonction de diminuer mon indice de pénibilité, expier par le ménage sans me ménager.
Et je n’ai plus physiquement le temps et la capacité d’être moi. Pas assez d’heures pour créer si je veux cocher toutes les cases de mes listes de taches chiantes et obéir à mes nouveaux rituels (par exemple tous les soirs remplir 3 bouillottes pour aller me coucher dans ma chambre rouge et rose, sous une couette et une couverture pondérée (7kilos, le modèle bonhomme) pleine de chaleur flottante, comme in utero).
La régression pour avancer.
C’est d’ailleurs t-y pas le principe de la psychothérapie?

Et puis cette jambe gauche a tous les sens du terme, toujours pas raccord avec mes envies de rando, vélo ou juste de déambulations.
Par contre l’état de ma toiture va bientôt me permettre de dormir à la belle étoile, et ça en plus c’est dans mon budget. je vais bivouaquer dans mon propre lit!
Bref… cet histoire de rétablissement, de construction et de pleine conscience/confiance je pense que ça va prendre un moment.
Et la ritaline ça m’évite de procrastiner mais pas de perdre l’aspirateur. (Oui j’ai perdu l’aspirateur)
Donc bon… ça change pas la vie tant que ça. Heureusement que je peux encore assortir mes chiffons microfibre à mes tenues sinon que resterait il de moi hein?
La je déjeune en écoutant Le Sud repris par Bashung en espérant que ça donne des idées à la météo vu qu’il a encore gelé cette nuit.
Allez, je pars déposer ma garde robe en point relais pour que d’autres habitent ces vêtements au passé trouble mais souvent rigolard. Et puis de toutes façons les larmes ça tache pas.
Je vous la souhaite bien bonne!
2 réponses à “Mieux? (Question ouverte)”
Dans notre monde compliqué et incertain, garder confiance en la vie et courage chaque jour sont deux priorités fondamentales !
Sois prudente et prends bien soin de toi Carole ! Clin d’œil et bises amicales d’Auvergne.
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Merci Louis! Oui la vie est une dure lutte! :).
C’est un work in progress… et progress est un bien grand mot! 😉
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