Qu’est ce que l’aller mieux? Ça se quantifie comment? quels sont les critères? Quels sont les signes intérieurs et extérieurs? Quels sont ceux qui comptent? Qui sont les étalons?


C’est très compliqué à appréhender car je soupçonne bien évidement (et très factuellement) que la diminution de la souffrance est due à la chimie de mon pilulier plus qu’à un véritable rétablissement psychique.


Je continue à aspirer à un rétablissement déductif mais j’ai pas encore rassemblé assez de données pour me rassurer vis à vis d’un quelconque ou éventuel futur, ni sur la capacité à chanter des lendemains, quels qu’ils soient.
Pour l’instant mon futur en terme de chanson c’est un karaoke de fin de soirée en état d’ébriété, mais si ça fait sourire c’est déjà ça!

Alors j’attends, différemment, en assistant de loin à la subtile modification de mes canaux, de mes courants et de mes cheminements de pensée, en détournant des molécules et en introduisant des substances mystérieuses et ésotériques (sur ordonnances sécurisées) qui feront croire à mon cerveau que « je vais bien tout va bien ».

Même si je SAIS que non. Que rien n’a changé. Que je galère toujours. Que mes valeurs, mon cerveau, mes sensibilités et ma construction sont relativement incompatibles avec une vie en « société », (je dis plus la vie tout court comme quoi ça va mieux hein, c’est fou!) même, et surtout, à échelle rurale où tout est plus visible plus vite et sous une lumière plus crue (les ampoules à lumière chaude c’est apparement pas arrivé jusqu’ici).

Je reste bien consciente que les mêmes événements peuvent déclencher les mêmes maux, que le besoin de justice et de justesse reste plus un handicap qu’une vertu, et aussi que je suis pas sure d’avoir envie d’être « soignée » de ça pour que tout soit plus facile à vivre si ça implique une perte d’intégrité au passage, même minime.

Alors je suis un peu plus sereine, certes, mais sûrement aussi plus détachée. Ce qui selon moi n’est pas forcément une bonne chose.
Dans le mou du dur. Ni fait ni à faire. Comme d’hab. (Mais en moins pire.)
Je reste donc vigilante, sur mes gardes. Vis à vis de moi même, que je ne reconnais que viteuf. Et de ma sante mentale sur pilotis dans les sables mouvants.
Mais ça tient.
Et c’est l’idée.
Je fais toutefois en sorte de ne pas me leurrer, de ne crier ni à la joie ni au loup et de ne pas trop prendre la conf. Je surfe périlleusement cette vague fragile en attendant que la logique psychique suive la tactique chimique. (Et la therapipi de chat… même si en vrai c’est cool).

Ce qui bouge c’est qu’à défaut de sens je retrouve de l’envie.
Envie de décrasser ma carcasse, de voir des muscles et des os, de disposer d’une structure plus «nette » et légère, comme si ça allait m’aider à y voir plus clair dans ce que je suis.


Sachant qu’au microscope je ressemble à s’y méprendre à une tranche avachie de Brillât Savarin même pas truffé… et peut être même que dans le miroir aussi mais avec une coupe improbable posée dessus. (pour info mon iroquoise approximative faite maison à l’aveugle repousse et j’ai à moitié la coupe d’un garçon sauvage de 7 ans et à moitié (disons 35%) celle de Deborah Harry si elle s’était électrocutée).

Envie de bouger physiquement et géographiquement, même pas loin, même pas longtemps. Juste voir autre chose, découvrir, être ailleurs à défaut d’(être) autre chose (en/de mieux).
Envie de créer, de mettre de la couleur, de faire autrement, de sortir du cadre, de donner suite à des idées plus ou moins fun ou loufoques et voir où ça mène.

Envie de concerts mais sans les gens. Sans les dynamiques de groupe, de paraître, de castes des milieux pseudo artistiques inclusifs et privilégiés, le shlago élitisme où il y a encore plus de codes qu’ailleurs sauf que pour brouiller les pistes on prétend qu’il n’y en a pas.
Mouarf.

Envie de vrai. Vrais liens, vrais sourires, vraies conversations, vraie nature, vraie bouffe…
Envie de bonnes bières chelou et de denrées exotiques même si ça vient d’à côté.

Et puis envie de toujours les mêmes personnes dans mon micro crew. Celles qui portent mon adn et celui qui y est régulièrement exposé… et tout ceux qui se reconnaîtront ou qu’on va être amenés à voir et revoir car ils ont oublié leur veste, leur filleule ou par plaisir!

By the way si vous avez des envies de mécénat ou de l’argent en trop dans vos poches la comédienne de la famille veut investir dans une caméra pour se lancer dans le vloging (et je crois que ça a du sens).
Voilà.
Je vais donc possiblement retrouver la capacité de parler d’autre chose que de mes larsens neuro-cérébraux.
En tous cas je vais essayer.
Peut être de livres…

Ou de musique…


Ou déblatérer sur la rando ou la bouffe comme un vrai blog de lifestyle! (Découvrez la base -et la quasi totalite- de mon alimentation estivale le smoothie Elben, sirop de dattes et piment… et suivez moi jusqu’au bistrot au bout de la rue pour découvrir les créatures mythiques du Bugey et leurs légendes!)

De la déco aussi, en mode maximaliste couleur (tuto comment rendre ta maison invendable et poser un risque environnemental réel pour les personnes épileptiques)



Et pourquoi pas d’ornithologie, dont j’avais jusque là sous estimé la dimension cocasse!

Il reste un peu de choses à faire qui n’impliquent pas le choix d’une clinique d’euthanasie ou celui d’une crémation (vous auriez des fumées arc en ciel et des cendres à paillettes? Non? … Bon j’attendrai alors.)
Je va tacher de m’y mettre.
In my own way.
