Ce matin je traîne ma fatigue devant un café trop fort dans une brasserie sans âme de banlieue périurbaine mais ça va… je souris dans ma tasse et sous mes cernes.
Depuis mon accident de coloration capillaire j’ai les cheveux en vrac en mode Patrick Swayze dans Point Break mais sans le corps de surfer … encore plus en vrac car j’ai dormi sans les sécher… j’ai l’impression de porter mon état mental au sommet de mon crâne… je vais investir dans une chapka pour pouvoir continuer à avancer masquée…
J’ai super mal aux côtes à cause de trop de fou rires hier… une conversation nocturne avec madame C qui m’a sortie d’une mélancolie en noir et blanc (je matais Hiroshima mon amour sur mon iPad dans mon lit, j’avoue que je partais pas d’un mode ultra festif) et qui a le talent de me faire hurler de rire (mais là aussi de douleur a cause de cette satanée côte fêlée…) en n’utilisant que des éléments de notre quotidien (merdico-cocasse donc) et ça c’est pas rien…
Ça c’est un truc que j’espère ne jamais perdre. Pouvoir rire de tout et tout le temps. Même dans les tréfonds des tréfonds de la merditude la plus totale, pouvoir sarcasmer, ricaner ou clairement hurler de rire de tout… et avoir autour de moi les gens bons (uhuhuh) pour ça… de jour comme de nuit. Des équipes mobiles ou à distance pour pouvoir instantanément débiter des conneries furieuses, transformer le marasme en endorphines, reformuler la noirceur en plus grand cabaret du monde et transformer les angoisses en comedy club. Moi j’apporte le côté comique de répétition vu que j’apprends jamais de mes erreurs.
Plus c’est la merde plus c’est le festival du rire de la guillotiere. Et ça me va.
Il y a bien que ça que je sache faire d’ailleurs. Ne rien prendre au sérieux car justement tout est trop sérieux dans ma tête. Le sarcasme c’est mon fusible de sécurité.
Je crois que les gosses ont hérité de ce truc aussi. Et c’est génial. C’est parfois ultra super a mes dépends mais ça reste une bonne chose. Et je m’engage à les couvrir si leurs punchlines les mettent dans l’embarras vis à vis des autorités. All premier degrés are bastards.
Et plus les années passent plus je me sens bien entourée et c’est plutôt un chouette feeling, de petit à petit trouver sa tribu ou de la compléter (car certain.e.s sont là depuis tres (treeeees) longtemps…). Et quand les différents membres de tribus se mettent à ricaner ensemble et copiner à leur tour ça ne fait que renforcer cette sensation plutôt réconfortante qu’on s’est pas plantés…
Alors merci pour ça… j’exprime en général ça par des cadeaux, mais là je suis fauchée donc je vais devoir apprendre à dire aux gens que je les aime bien avec des mots et sans forcément les clasher (car même si c’est mon langage affectif, des fois ça perturbe, j’ai encore un peu du mal à comprendre pourquoi…). J’ai beaucoup à apprendre sur le fait que tout le monde ne fonctionne pas forcément comme moi, entre mes « attentatives » d’affection et mes fuites et camouflages. Mais bon si je vois des yeux qui rigolent et des bouches qui sourient ou l’inverse alors je me dis que je suis toujours au bon endroit.
Ça ne cesse d’ailleurs jamais de m’étonner. D’avoir cette chance là d’être dans la vie de tous ces gens là. Merci à vous. Vraiment.

Mais je me demande souvent pourquoi, et ce que je peux apporter. Est-ce qu’on se pose d’ailleurs suffisamment souvent la question de ce qu’on apporte aux gens? Ou de ce qu’on pourrait/devrait/essayer de leur apporter en plus de notre sacro-sainte présence et personnalité. J’ai pas la réponse à cette question. Mais je sais que si mes amis m’appellent (enfin bon, si ils me textotent) je serai là . (Vu que répondre au tel ça reste une de mes limites comme le montre la capture d’écran en temps réel ci dessous).

Je sais aussi que même si j’alterne entre distanciation sociale quasi-ermitique et exaltation euphorique à la limite du 49.3 des incitations à se voir je reste constante dans mes affections.
Même quand mes amis se moquent de moi et déclarent que j’ai un look de peripatetipute de perif ou que je ressemble à une rosette en soirée disco. Même quand on me recadre et qu’on me dit que je fais de la merde. Même quand on m’ouvre les yeux sur des trucs que je me refuse de voir. Les gars (et les garces) vous aime (bien) quand même et vous châtierai (tout aussi bien) en conséquence le moment venu.
Et ma curiosité envahissante et sincère vis à vis des gens que j’apprécie n’a sûrement d’égal que ma capacité à me rétracter totalement si j’ai peur de les envahir ou de me faire rejeter. C’est mon côté yo-yo. Ou Jokari… ah t’as cru que j’étais partie, bim me revoilà… mais désolée hein je veux pas déranger.
Je sais que ça peut déstabiliser.. Ne pas pouvoir offrir de sécurité ni en profiter pleinement c’est l’apanage et le désavantage des gens qui savent pas lire les situations implicites et se sentent toujours en danger. J’imagine (et on m’a fait comprendre) que ça peut être relou des 2 côtés.
Faut juste savoir ça. Ne pas se fier à ce qui est exprimé. (Facile hein?!) Faire confiance au fait que malgré mes oscillations en termes de présence et de mood, si on se parle et que je réponds c’est que c’est ok. Plus que ok. Car j’ai la suppression de contact aussi facile qu’une gâchette de kalash dans un mariage tchétchène.

Ceci dit, toute merdique sois-je à mon propre niveau je crois que je peux écouter et suggérer des trucs pas trop idiots. Ou juste être la. Et j’arrive de plus en plus à prendre les gens dans mes bras quand il le faut, enfin bon je m’améliore. Du moins j’essaie. (Mais j’ai des gros flash backs de fails qui me font encore mal à la cote de rire!)

Bref… sinon ce soir je vais voir ça au périscope et j’ai hâte!
Alors voilà, merci, et surtout merci d’être encore là. Et si on se parle pas souvent peut être même que vous me manquez.