Noir c’est noir… Canada jour 10

C’est génial ces réveils à 4h30… je continue à creuser le déficit de mon sommeil. Peut être que j’ai juste accompli la transition parfaite entre jet lag et anxiété… je resterais bien ici encore un peu en renvoyant tout le monde au bercail mais j’ai promis à madame I de rentrer car on a prévu de passer notre code en 2023.

Entre autres trucs que je dois faire…

Je commence par enfiler mes super chaussettes

Je ne prendrai pas de résolutions autres que de vaguement me tenir aux principes qui régissent déjà ma vie à l’heure actuelle… grosso merdo du chaos à toutes les sauces mais avec le sourire.

Après comme je peux rire et pleurer en même temps j’avoue je peux tricher un peu.

Ce départ de Québec est un peu tristoune, même si on emmène E avec nous à Montréal pour passer les derniers jours, ailleurs mais toujours ensemble. On sait quand même qu’on va se quitter. Et que ça va arriver vite.

E est triste que nous partions bientôt. Du haut (du bas?) de mon filtre pourri je suis toujours abasourdie que mon absence ne puisse pas s’apparenter à de grandes vacances au soleil, ou qu’on puisse ressentir autre chose qu’une grosse euphorie quand je lève le camp… Du coup j’essaie de contre argumenter que la vie sans nous ça va être vraiment super car on est pas si chouettes que ça et qu’il va bientôt être débarrassé du fléau que je suis, et des parasites qui gravitent autour de moi. Il a l’air moyen convaincu alors j’en remets une couche.

Je ne sais pas si ça fait partie de l’éducation positive.

Dans la voiture tout le monde est calme, la Z mange des popcorns (il est présentement 9h) ce qui me retourne les sens (elle mâche fort, ça sent la fête foraine et il y a des miettes jusque sur ma chemise… cauchemar sensoriel sur la banquette arrière mais personne ne veut échanger de place avec moi allez savoir pourquoi…).

Elle est folle.

Dehors il pleut et il fait gris, et de toutes façons on ne voit rien.

Ambiance

Je vais prendre mon bouquin sur les punks vieillissants et écouter Delivery, du punk australien pas trop degueu…

On entrecoupe le voyage par un arrêt dans une cabane à sucre pour acheter du sirop d’érable pur. C’est fermé car ce n’est pas la saison mais le gars est super sympa et nous ouvre en pyjama. J’aime bien le niveau de décontraction des québécois. Ça doit être car je suis en vacances vu qu’en France j’ai une tolérance zéro pour le pyjama dans les lieux publics… et pour le pyjama tout court.

On s’arrête ensuite dans un SAQ pour du café. E et Z sont trash dès le matin, cheetos, tablettes de reeses et viande fumée… j’essaie de les regarder avec les yeux de l’humour et pas ceux de l’estomac qui sont un peu révulsés.

J’adore leur sens de la formulation

Je bloque sur les bières que je n’aurai hélas pas le temps de goûter… ça m’énerve.

Nous reprenons la route, je reprends mon bouquin. Je me remets Terry hall qui sera désormais associé à Montréal dans mon cervelet musical.

Elle est vraiment frapadingue

Il est quasi midi, donc 18 h en France et ça doit commencer à boire des coups et astiquer les sequins sur les habits de Lumiere… moi je suis habillée comme une poubelle avec des groles de rando, au fond d’une voiture surchauffée, et je sais pas comment vont se passer les 2 prochaines heures, semaines ou années… mais ça sent ni le champagne ni la fête… et je sais qu’on est le 31 à cause des blagues sur Facebook mais je ne sais même pas quel jour de la semaine on est… Et je m’en fous. Désolée, les fêtes de fin d’année ça me plombe. De ouf.

On arrive à Montréal et je suis de très mauvaise humeur car mamie montre du doigt tous les hassidiques comme si elle était au zoo. j’ai l’impression d’être en vacances avec Bigard. Et naturellement si je m’insurge c’est moi qui suis relou… en fait j’ai vraiment pas de patience pour ça… le bas beaufisme, les réflexions racistes décomplexées, les commentaires semi complotistes a voix haute… (tssss, comme par ha-sard!!)… ça me bouffe et comme j’ai décidé de pas exploser ça me rend triste.

Si ça continue je vais me barrer et ça va clasher… mais si je reste ça va sûrement clasher encore plus… j’ai vraiment très envie de déserter… la situation, ma famille et par extension un peu tout le reste. Ça va bien démarrer 2023.

La gargote
J’en peux plus de ce truc

On mange dans une gargote, ça aurait pu être cool car le lieu est improbable, mais là tout le monde se fait plus ou moins la tronche. Le quartier est cool, pas mal de friperies et disquaires…certes j’admet que c’est pas le kif de tout le monde dans le groupe…sauf qu’à ce stade vu les tensions c’est de l’acharnement de vouloir rester groupir…je vais me mercenariser assez vite je pense.

On tourne et vire à 2 à l’heure, je pense que l’inertie de ce groupe la est assez phénoménale, ça peut prendre 10 minutes de traverser un passage piéton… faut le vivre… ou pas.

On arrive à faire quelques disquaires, la Z achète un vinyl d’indie locale « pour découvrir« (a pas encore 15 piges je trouve ça chouette), moi je dégote un patch trasher arc en ciel dans un skate shop… mais tout le monde subit un peu tout le monde…il y a clairement mieux comme ambiance.

Le airbnb est cool, il manque juste 2 couchages… bon on va s’arranger…

La on repart chercher du manger dans le quartier chinois et « fêter » cette nouvelle année, ou la fin de l’autre, ou les deux… whatever.

Purée je suis la noirceur en personne ce soir.

Bonne année les gens.

Update: cerise de merde sur le gâteau de fiente… après un repas où finalement l’ambiance s’était radoucie tant bien que mal, on s’est perdus à pied et sous la pluie en suivant mon brother qui avait du mal avec son gps. Bilan: on a marché 5 km sous la pluie battante au milieu de nulle part pour faire au final une boucle… décidément quand ça veut pas…

Laisser un commentaire