A ma place

Long Time no see… et pourtant j’étais pas loin… un tantinet submergée mais pas loin.

Ca y est c’est fait, me voila bobo punk neo rurale… a mon âge c’est affligeant de banalité!

Les péripéties logistiques et les galères d’encartonnage sont désormais derrière moi, à une penderie près qu’il faut encore récupérer déplacer et monter… mais je vois le bout du tunnel. Sauf qu’évidemment, et vive les zones de moyenne montagne, me voici face à un autre tunnel… celui du decartonnage et d’une toute autre logistique.

C’est faire ça solo qui est moins quelconque, de ce qu’on me renvoie en tous cas. Faut il donc être deux pour avoir des projets? C’est pas très 2023!

Je suis enfin dans les murs… suite à un déménagement très peu organisé mais plutôt festif et drôle (merci, merci, merci l’équipe!)…

Par où donc commencer?

Je vais faire un carton dans ce bled!

Je déballe dans des pièces pas finies où tout est à faire et tout est provisoire… ma chambre est un champ de gravats, ma bibliothèque est en chantier, ma cuisine est un dépotoir à cartons et mon salon attend ses couleurs… mais je suis contente.

Dire que je suis heureuse serait un peu fort et sans doute karmiquement risqué, mais je suis sereine. A ma place.

Même dans la mélancolie, car la transition n’est pas si simple.

Je touche du doigt une solitude assez intense. Je sais que je suis pas seule, je sais où sont mes gens, mon téléphone sonne, mais j’ai passé 4 jours sans autres interactions humaines que le café du matin au P’tit Bugiste (où, sachez-le, non seulement c’est pas un tabou de boire des picons à 8h30 du matin mais ça m’a tout l’air d’être une tradition locale).

Alors des fois ça frôle l’angoisse, une angoisse qui parle du manque, celui des sourires et du partage surtout, d’yeux qui rigolent et de vraie complicité, d’affection en fait, mais je sais que tout ça viendra ou reviendra. Et si ça revient pas j’irai les chercher. Mais là je prends mes marques. J’apprends à me connaître face à tout ça. C’est un peu triste parfois, mais utilement triste. Exister seule. Se demmerder avec soi-même.

C’est moyen pour les jeux de société mais bon…

Je sais que l’image que me renvoient les autres est souvent plus positive et bienveillante que mon propre regard sur moi. Dire que je manque d’indulgence est un euphémisme… du coup c’est étrange d’être privée d’un regard positif et de tout cet amour (car je crois qu’on parle de ça, Guillotiere c’était plein d’amour, dans les troquets et dans les bières et les projets foireux, les plans de dernière minute et les fou-rires de fermeture de bars, les grandes tablées qui rient trop fort, les blind tests improvisés, et les discussions profondes en déambulant au petit matin blême, en picolant ou en buvant trop de cafés…).

Mais on peut pas compter sur les autres pour se remplir. Je vais donc désormais compter sur l’épanouissement profond que me procurent mes plans de tomates zombies. (Astuce jardinage: ne pas oublier ses plans de tomate une semaine dans un coffre de voiture en été!)

En attendant je salue mes voisins derrière ma clôture en m’excusant platement pour les histrionismes de Misfit dès qu’un truc humain, animal ou végétal a l’audace de venir troubler l’harmonie de SA rue… (voila que rantanplan se prend pour rintintin… on est pas rendus!)

Et puis sinon… ben je mets la musique et je vide des cartons, je reçois des meubles, j’essaie piteusement de les monter (non, finalement, sans portes ça rend bien aussi…), je répartis les cartons sur 3 niveaux…je monte pour me rendre compte que ce que je cherchais était en bas… comme ma vie quoi!

Je trie aussi les merveilles et le merdier laissé par les anciens propriétaires (oh chouette du vin! Oh un troisième cric, oh encore des sacs poubelle, oh des chaises de camping vintage! Oh de l’huile de vidange…. Sur 100 m2 de garage et de cave…)… et je crois que je suis pas du bout de mes surprises! Et comme tout est emballé dans des sacs opaques il y a un petit effet mystère pour chaque colis suspect!

Entre deux ateliers ouverture de sacs et de cartons, je me projette, ou du moins j’idéalise (ça c’est quand je fais semblant d’avoir le budget) et j’ai très envie de voir à quoi ça va ressembler quand ce sera moins “pas fini”.

En attendant je me réveille avec ça…

Et je me couche avec ça…

Et j’ai une maison. A moi d’en faire un foyer.

Patience. (Et espoir!)

J’ai envie de couleur et de retrouver mon univers. Je l’ai perdu trop longtemps…

Voilà alors au boulot! Il y a fort à faire, et pas que sur la maison…

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